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  <title>Pascal Deguilhem</title>
  <description><![CDATA[Pascal Deguilhem, député de la première circonsciption de la Dordogne, Périgueux - Vallée de l'Isle]]></description>
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   <title>Meeting de François HOLLANDE à Rouen</title>
   <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 09:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal Deguilhem</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Divers]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Mercredi 15 février, pendant le non-évènement qu'était l'annonce de candidature du Président sortant, François Hollande tenait un meeting à Rouen, qui a rassemblé plus de 10 000 personnes.Voici son discours.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.pascaldeguilhem.net/photo/art/default/3866501-5806700.jpg" alt="Meeting de François HOLLANDE à Rouen" title="Meeting de François HOLLANDE à Rouen" />
     </div>
     <div>
      Mes chers amis, c'est un grand plaisir de vous retrouver ce soir - nombreux, très nombreux - dans cette salle et au-delà, de vous retrouver ici, à Rouen, en Seine-Maritime, dans cette Normandie où je suis né et où j'ai grandi. Bien des souvenirs m'y ramènent : Les rues de la ville de Rouen – je remercie Valérie Fourneyron de m'y avoir accompagné –, Bois-Guillaume lorsqu'on y trouvait encore des terrains agricoles, le stade Robert-Diochon quand le FCR était en première division, Wassel quand il y avait encore un régiment du génie et la gare de Rouen où, régulièrement, j'arrivais de Paris et d'où j'y repartais. Je constate que, trente ans après, on met le même temps pour faire le trajet et cela m'amène forcément à prendre un engagement devant vous pour une modernisation, la plus rapide possible, de cette ligne. <br />   <br />  Ce soir, chers Normands, recevez le salut chaleureux de l'un des vôtres, un exilé qui est devenu corrézien. Corrézien, Normand : il faut croire au métissage, au mélange et aujourd'hui, je suis - devant vous - très fier, après les primaires citoyennes, d'être votre candidat à l'élection présidentielle. Avec un devoir, une responsabilité, une charge : permettre à la France de changer de président, de changer de politique, de changer de majorité, de changer d'avenir. Je n'y réussirai pas seul. J'ai besoin de vous tous – vous êtes là ! - et j'ai aussi besoin des élus de votre territoire. <br />   <br />  Je remercie Laurent Fabius de ses paroles amicales. Nous partageons l'esprit d'unité et le devoir de victoire. Je mesure chaque jour sa contribution à ma campagne et le travail qu'il a mené pour préparer la première année de l'alternance, là où tout se décide. Encore faut-il parvenir à être élu pour avoir une première année... Mais nous nous y préparons déjà. J'en connais qui ne préparent que le dernier mois, je préfère préparer la première année ! J'ai aussi chargé Laurent de me représenter dans les régions du monde qui seront décisives pour notre diplomatie. J'ai donc besoin de lui et j'en aurai davantage besoin après l'élection présidentielle. <br />   <br />  J'ai aussi besoin aussi de vos élus sans lesquels rien ne sera possible dans cette campagne. C'est eux qui donneront la ligne à beaucoup d'entre nous. J'ai besoin des militants, des sympathisants, bref de tous ceux qui veulent la victoire. Et ils sont nombreux, au-delà de cette salle. <br />   <br />  Je connais les atouts de la Haute-Normandie, l'excellence de sa production industrielle - l'énergie, la chimie, l'automobile -, les ports qui sont aujourd'hui votre fierté, le savoir-faire des ouvriers, la qualité de l'agriculture, le haut niveau de la recherche et de l'université. Mais je n'ignore rien de la crise. Elle frappe ici comme ailleurs, et ici durement. J'étais, il y a quelques semaines, à Petit-Couronne pour Petroplus : c'est l'avenir du raffinage qui se joue là, au-delà même de cette entreprise. J'étais cet après-midi à M-real, dans l'Eure, et j'ai vu des ouvriers se battre pour que leur société vive, là où des investissements considérables ont été faits et où il y a un potentiel pour votre région et pour le pays. Cette usine ne doit pas fermer ! <br />   <br />  La Seine-Maritime et l'Eure ne sont pas les seuls territoires à subir de plein fouet ces drames. Rendez-vous compte, un millier d'entreprises ont fermé depuis trois ans, 750 000 emplois industriels ont disparu depuis dix ans. Je n'ai jamais été de ceux qui ont annoncé, ou anticipé une France sans usine, parce que je sais qu'il n'y a pas de redistribution sans production, pas d'économie sans industrie, pas de recherche sans fabrication, pas d'indépendance sans un commerce extérieur équilibré. Les pays qui résistent le mieux à la crise ont préservé une base productive industrielle. Ils ont encouragé l'esprit d'entreprise, misé sur l'innovation technologique, sociale, environnementale. Ils ont investi massivement dans la formation, dans l'éducation. Ces pays ont aussi facilité le financement de leur économie, conjugué des atouts industriels avec des infrastructures. Alors, ce que ces pays ont fait, nous ne serions pas capables de le faire ?... Si, nous le ferons, après l'élection présidentielle ! <br />   <br />  Depuis dix ans, ceux qui exercent les responsabilités dans notre pays ont abandonné toute ambition industrielle pour y substituer une approche à courte vue, des aides aux entreprises sans aucune contrepartie, des annonces fracassantes sans lendemain, désespérant les ouvriers, décrédibilisant la parole publique. Ai-je besoin de donner des exemples ?... Et voilà que depuis quelques semaines, des sauvetages de circonstance sont entrepris. On appelle à la rescousse des patrons amis. Tant mieux si cela permet de sauver des emplois ! Mais, tout de même, est-ce logique ? Est-ce là une réflexion durable ? Est-ce là une vision ? Est-ce là une ambition ? Non, tout simplement un calcul! <br />  J'ai inscrit le redressement productif au cœur du projet que je propose aux Français, avec des idées nouvelles. <br />  D'abord, la banque publique d'investissement pour soutenir les filières d'avenir, accompagner les PME, pour rapprocher tous les outils du financement, qui existent, mais dans le morcellement et, parfois même, dans la compétition. Ces moyens permettront de constituer des filières d'excellence en matière de santé, de mobilité durable, de construction, de numérique et en matière énergétique. Cette banque publique d'investissement, je vois déjà qu'on la copie. Nous donnons déjà de l'inspiration à ceux qui sont au pouvoir depuis dix ans - heureusement qu'il y a des campagnes électorales ! Cette banque publique se déclinera à travers des fonds régionaux, parce que c'est au plus près des entreprises, au plus près des créateurs, que nous pourrons unir les efforts et être performants. <br />   <br />  Oui, je changerai la fiscalité. Elle sera plus favorable aux PME qu'aux multinationales. Nous ferons un taux bas pour les petites entreprises - 15 % -, un taux moyen pour les petites et moyennes entreprises - 30 % - et 35 % pour les plus grandes. Et nous ferons une différence selon que le bénéfice est distribué aux actionnaires - l'impôt sera alors plus fort - ou réinvesti dans l'entreprise - l'impôt sera alors plus bas. <br />   <br />  La France est un pays d'épargne. Tant mieux! Mais cette épargne doit être réorientée vers l'investissement, vers l'emploi plutôt que vers la rente. C'est le sens du livret d'épargne industrie que j'ai proposé et que nous mettrons en place au lendemain des élections. Le produit de ce livret d'épargne sera affecté au financement des PME et à l'innovation, pour que les entreprises grandissent, embauchent, innovent, exportent. <br />   <br />  Oui, nous avons besoin des entreprises, des artisans, des commerçants ! Dans chaque région, il y aura un interlocuteur unique pour faciliter leurs démarches, réduire les délais d'instruction des dossiers, permettre un meilleur accès à la commande publique. <br />   <br />  Nous avons besoin de créer, de produire, de fabriquer ici, de localiser nos activités ici, pour être meilleurs dans le monde. Nous soutiendrons les nouvelles économies numériques, écologiques, parce que nous avons besoin d'être en avance par rapport à nos concurrents. Voilà une stratégie, une ambition qui permettra à notre pays de faire de nouveau la course en tête dans la mondialisation et de ne pas être obligé de courber l'échine, demander pardon, s'aligner et ne pas peser comme il le devrait sur la scène européenne et sur la scène mondiale. Là, se situe la compétitivité, pas dans l'abaissement du coût du travail, pas dans la réduction du niveau de la protection sociale - cela n'empêche pas de faire des économies. La compétitivité, elle est sur l'innovation, sur l'investissement, sur la formation, sur l'éducation, sur la recherche ! C'est ainsi que nous serons meilleurs ! <br />  Il nous faudra aussi agir à l'échelle de l'Europe. Rien n'est possible sans une Europe qui protège et se protège, sans le respect de la réciprocité commerciale des échanges. Ceux qui veulent vendre leurs produits en Europe sont les bienvenus - c'est la règle de l'échange -, mais ils ne peuvent le faire qu'à condition de remplir des exigences sanitaires, sociales, environnementales, celles que nous imposons, ici, à nos entreprises et à nos salariés. Je suis pour que les produits circulent, pour que les marchandises puissent être fabriquées là elles auront la meilleure qualité. Mais je ne suis pas pour le dumping, pour fragiliser nos propres entreprises. On le voit sur le raffinage, aujourd'hui, à Petroplus. Je pense aussi aux salariés de Sandouville, qui viennent d'apprendre qu'ils seront mis au chômage partiel pendant plusieurs jours. Eux dont l'usine était le site de haut de gamme de Renault en France ne produisent plus, ou si peu, alors qu'on voit débarquer, à quelques kilomètres de l'usine, sur le port du Havre, des véhicules - les mêmes - venus de Corée du Sud. Comment l'admettre, quand, en plus, l'actionnaire est pour partie public ? <br />   <br />  Nous en revenons à la question fondamentale. Que pouvons-nous ? Que voulons-nous? Sommes nous un pays encore capable de relever la tête et de poser sa voix ? <br />   <br />  Le redressement ne sera possible que si la finance est dominée. J'ai dit que la finance n'avait pas besoin de déposer sa candidature. Elle ne sera pas invitée au journal de TF1 ce soir. Elle n'a pas besoin de poser sa candidature, parce que, hélas! elle domine sur le plan politique. Or c'est la démocratie qui doit avoir le dernier mot. Non pas que nous n'ayons pas besoin de banques, de financiers, d'épargne pour qu'il y ait de l'investissement et de la création - nous en avons besoin -, mais tant d'excès ont été commis sous nos yeux en vingt ans. La finance a pris le contrôle de l'économie et, à travers elle, le contrôle de la société et de nos vies mêmes. Combien de salariés m'ont expliqué que leur usine fermait, non pas parce qu'elle n'était plus compétitive, mais parce que le taux de rentabilité demandé par la finance était devenu si élevé qu'elle ne pouvait plus tourner pour satisfaire cette exigence. Face à la finance, les grandes déclarations, les promesses de régulations, les incantations, les « plus jamais ça » sont restés lettre morte. L'un d'entre vous évoque la Moselle : aujourd'hui, à Florange, les hauts-fourneaux sont à l'arrêt. Et à Gandrange, qu'est devenue la promesse de garder le site ? Pouvons-nous admettre, là aussi, que des fleurons de notre industrie soient ainsi mis en cause ? Oui, il nous faudra mettre bon ordre ! <br />   <br />  Je vois aujourd'hui les dérives de ce système, y compris pour notre Europe et pour la zone Euro, où les agences de notation sont devenues toutes-puissantes et décident du sort des dettes souveraines des pays, provoquant des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Et la spéculation continue, continue encore d'ébranler la zone Euro ! Avez-vous vu la situation de la Grèce, mise à genoux, avec une économie qui n'en peut plus et une Europe qui n'est pas là, en tous cas qui n'est pas suffisamment là ou qui n'a pas été là suffisamment vite pour arrêter le processus et lever la défaillance ? <br />   <br />  Voilà pourquoi j'ai pris plusieurs engagements pour maîtriser la finance. Les activités des banques utiles à l'investissement et à l'emploi seront séparées des activités spéculatives, pour qu'il n'y ait aucun risque de contagion. Aucune banque française ne pourra plus avoir d'activité dans les paradis fiscaux et les produits financiers toxiques, qui hélas! demeurent encore aujourd'hui et enrichissent les spéculateurs, seront purement et simplement interdits. Les stock-options seront supprimées. Les bonus seront encadrés. Et je proposerai une véritable taxe sur les transactions financières, et pas un ersatz, un succédané tel qu'on nous le propose aujourd'hui. Voilà le préalable à tout : dominer la finance. <br />   <br />  Ensuite, reste notre responsabilité. Ce serait trop simple s'il suffisait de désigner l'adversaire, puis de nous exonérer de notre propre action. Quelle est la responsabilité de notre génération ? C'est de réussir la transition, transition entre un monde ancien qui s'épuise sous nos yeux et un monde nouveau qui tarde à émerger, transition entre des modes de production, des modes de consommation, des modes de transport. Nous devons être les acteurs de cette mutation. <br />   <br />  Ceux qui vont diriger la France pendant les cinq ou dix ans à venir doivent avoir cette grande mission. La transition économique pour sortir de la crise avec plus de force et d'atout pour la France de la mondialisation. La transition technologique pour que nous puissions mettre le numérique, l'internet, les réseaux de communication au service de notre vie courante, mais aussi de nos entreprises et de nos emplois. La transition énergétique pour préparer l'après-pétrole, réduire le réchauffement climatique, faire monter les énergies renouvelables et diminuer progressivement notre dépendance au nucléaire. Nous avons besoin, là encore, d'inventer des politiques. La transition écologique pour reconvertir nos bâtiments, isoler nos logements, stocker l'énergie, inventer les véhicules électriques. Cela tombe bien : on les fabrique ici, à Cléon ! Transition pour renforcer l'économie verte, l'économie de demain, mais aussi transition éducative pour imaginer les nouveaux savoirs, les formations d'avenir, les pédagogies nouvelles et lutter contre l'échec scolaire, qui ne doit pas être une fatalité, un déterminisme, une punition. Transition territoriale pour donner une confiance nouvelle aux collectivités locales. Ce sera un nouvel axe de décentralisation que nous poserons. Transition générationnelle pour assurer la solidarité entre les âges, transmettre les expériences, faciliter l'allongement de la vie et, en même temps, accueillir les jeunes. Solidarité entre les âges, c'est l'idée du contrat de génération : permettre que les seniors puissent former les jeunes, partir à la retraite dans de bonnes conditions et laisser les jeunes en contrat à durée indéterminée venir dans l'emploi. <br />   <br />  Oui, belle idée de la transition. C'est un beau projet : être des passeurs, des relais, des intermédiaires, des liens entre les individus, les territoires, les générations. <br />   <br />  Nous vivons une période exceptionnelle, une crise globale, à la fois économique, sociale, culturelle, environnementale. Elle ne doit pas être regardée comme une fatalité, mais comme un défi. Sommes-nous capables de le relever ? La France, notre France a traversé bien des épreuves, surmonté bien des conflits, vécu révolutions, guerres, mouvements sociaux en restant toujours la France, à la condition de ne jamais perdre le cap, celui de la République et de nos valeurs, et de la fierté d'être ensemble. Nous avons toujours été capables de surmonter les tragédies ou les épreuves du destin. Il faut une vision, une volonté, une solidarité, une unité. C'est ce qui a manqué, terriblement manqué au cours des dernières années. Et ce sera l'enjeu de l'élection présidentielle. <br />   <br />  Chers amis, bientôt arrive l'heure du choix. La France doit déterminer son avenir. Entre la continuité et le changement, je lui propose le changement. Pas seulement un changement de président - c'est la condition -, mais un changement de politique, de méthodes, de perspectives, de destin. Vous connaissez la nouvelle du jour. Peut-être n'est-elle pas venue jusqu'à vous ?... Le président-candidat est désormais candidat-président. Quelle nouvelle! Quel bouleversement! Quelle sensation! Mais je vais vous faire une confidence : moi, je m'en doutais. Cette nouvelle, nous la connaissions depuis des semaines, depuis toujours. La vérité, c'est que le président-candidat est candidat depuis cinq ans. A peine élu, il était déjà en campagne. A peine entré, il était déjà sortant. <br />   <br />  Il ne s’est pas passé une semaine depuis 2007 sans qu’il n’agisse dans ce but. Pas une semaine sans calcul politique, sans mesure catégorielle, sans promesse. Pas une semaine sans que les moyens de l’Etat, ceux de l’audiovisuel, ne soient au service d’un homme, d’une carrière, au service d’une Droite qui n’a qu’une seule idée, une seule : rester au pouvoir. <br />   <br />  Mais maintenant que les choses sont dites ou vont l’être, que les actes sont posés, que les déclarations sont faites, je souhaite pour la France un débat digne et à la hauteur de l’enjeu. C’est de notre pays qu’il s’agit, pas de nos sorts personnels. Ce n’est pas simplement une affaire de partis, une affaire qui voudrait nous opposer les uns les autres. Non, il s’agit du destin de chacun et du destin de la France, cette France qui souffre. Et à un moment où beaucoup de nos concitoyens sont en défiance par rapport à la politique, sont tentés même d’aller chercher vers l’extrême, l’extrême droite, des réponses à des problèmes qui sont posés mais dont aucun ne trouvera sa solution dans les discours de haine, d’exclusion, de repli, de fermeture. La France mérite mieux que ça ! La France, c’est la République. La France, c’est la liberté, la fraternité. La France, c’est ce n’est pas le repli, le rejet, la peur ! <br />   <br />  Je sais ce qui nous attend pour ces quelques semaines qui nous séparent du premier tour. Car tout va se jouer au premier tour de l’élection présidentielle. C’est là qu’il va falloir créer la dynamique, c’est là qu’il va falloir porter haut nos couleurs pour être le plus haut possible au premier tour, pour ne pas créer de doute sur la qualification et sur la victoire. <br />   <br />  Chers amis, je sais ce qui nous attend. Le scénario est écrit. Le candidat sortant nous promettra du neuf, il tentera de faire de ses faiblesses une force. Le président s’est trompé pendant cinq ans, mais justement, ce sera son expérience… On nous dira : « il a gouverné pendant cinq ans, il sait donc ce qu’il ne faut pas faire. Il connaît les erreurs à éviter ». La preuve c’est qu’il les a toutes commises ! Il prétendra que les vieilles recettes de l’austérité sont des remèdes du XXIe siècle. Il assènera que les Français vivent au-dessus de leurs moyens et qu’il faut les mettre à la diète. Il confessera que le passé ne compte pas, qu’il faut oublier le bilan, que la crise est passée par là, que tout s’efface et que seul l’avenir compte. Il nous dira qui si l’on a fait les choses à l’envers — et c’est vrai — il suffira de les remettre à l’endroit. Certains beaux esprits, il en existe, nous conseillerons de faire confiance au président, pour la simple et bonne raison qu’il est le président. Encore faudrait-il qu’il se soit comporté en président et qu’il ait inspiré confiance ! Mais c’est sa politique qu’il faut changer. Elle a été dure pour les faibles et douce pour les puissants. Il vient sans doute — ou il va le faire — d’annoncer sa candidature. J’ai repensé à une phrase que François Mitterrand avait lui-même prononcée il y a trente ans lorsque le président sortant, Valéry Giscard d’Estaing, s’était lui-même déclaré. Il avait dit que plutôt que de présenter sa candidature, il aurait mieux fait de présenter ses excuses… Je ne sais pas si la formule vaut encore, mais c’est vrai qu’il y aurait des excuses à formuler pour le bilan, pour une politique qui a échoué, pour des promesses non tenues, pour une politique qui a systématiquement enrichi les riches, favorisé les favorisés et privilégié les privilégiés. <br />  Car qui va mieux depuis cinq ans : les ouvriers, les employés, les agriculteurs qui peinent, les chercheurs qui vont mal, les professeurs dont on a supprimé les emplois, les commerçants, les artisans ? Qui va mieux en France ? Eh bien oui, je vais vous le dire, c’est un peuple très spécial, un peuple particulier, un peuple à part, un peuple qui vit en fait au-dessus du peuple, c’est le peuple des importants, le peuple des possédants, le peuple des dirigeants. Celui-là va mieux depuis cinq ans ! <br />  La politique actuelle, je sais où elle nous a menés. Le chômage est au plus haut, la croissance au plus bas, les profits sont à la hausse, le pouvoir d’achat est à la traîne, la compétitivité est affaiblie, la précarité renforcée, le déficit commercial se situe à un niveau exceptionnel, la dette atteint un record historique, les droits essentiels ont reculé — le travail, la santé, la retraite, le logement -, les inégalités se sont creusées, des cadeaux fiscaux ont été accordés aux plus favorisés, et les prélèvements se sont abattus — pas moins de quarante depuis 2007 sur tous les Français ! <br />   <br />  Ce quinquennat avait commencé par un bouclier pour protéger les plus riches. Il s’achève par une massue, celle de la TVA sur la tête des Français. Ce n’est pas un bilan, c’est un fiasco. Et je suis aussi sévère à l’égard de la politique qui a été menée au nom de l’Europe. Depuis deux ans, seize « sommets de la dernière chance » se sont tenus, et la Grèce en est toujours au même point, affaiblie, soumise, incapable de se redresser. Le pays est désespéré, la rue s’embrase, et les fonds n’ont toujours pas été libérés. <br />   <br />  La France elle-même se trouve dégradée et contrainte de renoncer à toutes ses ambitions, sur le rôle de la Banque centrale européenne — qui serait si précieuse en ce moment -, sur la gouvernance économique, sur la mutualisation des dettes européennes. Voilà le sujet, voilà pourquoi il faut changer ! Et c’est parce que ce bilan est finalement difficile à présenter pour le candidat sortant qu’il tente de s’en échapper en évoquant les valeurs. Les valeurs — mais c’est pour mieux stigmatiser, pour mieux exclure. On cherche à opposer, à diviser, à déchirer. On invoque même une prétendue hiérarchie des civilisations ! Eh bien je dis non, la République ne le permettra pas. Nous ne laisserons pas faire, nous lutterons de toutes nos forces pour une société qui rassemble, pour une France qui réunit, pour une République qui réconcilie. <br />   <br />  Et je fais ici cette promesse, si les Français m’en donnent mandat : je ne serai pas le président qui divise, je serai le président qui accueille, rassemble, réunit. Je ne serai pas le président qui distingue entre les hommes, entre les cultures, entre les religions, entre les opinions politiques ou partisanes. Je serai le président qui s’adressera aux Français dans ce qu’ils ont de meilleur. <br />   <br />  La campagne sera celle des bilans, celle des projets, celle des personnes — et c’est légitime lorsqu’il s’agit de choisir le prochain chef de l’Etat. Mais la campagne sera aussi celle des valeurs, dont le prochain président devra être l’incarnation et le garant. <br />   <br />  Les valeurs, parlons-en. <br />   <br />  La première de mes valeurs, c’est la vérité. Sans elle, il n’y a pas de débat qui éclaire, il n’y a pas de projet qui tienne, il n’y a pas de promesse qui vaille, il n’y a pas de parole publique qui soit respectée. Sans la vérité, il n’y a pas de démocratie. <br />   <br />  Je veux réhabiliter le politique, restaurer la vie civique. La situation est trop grave pour que nous puissions nous payer de mots. Je dirai la vérité, même si elle est difficile à entendre, et d’abord que nous ne pourrons pas tout faire, que nous ne pourrons pas tout promettre, que le début de notre quinquennat sera difficile, qu’il sera marqué par l’effort, mais dans la justice. C’est ensuite, une fois le redressement obtenu, que nous pourrons partager les fruits d’une croissance revenue. Le chemin que je montre est exigeant, mais au bout il y a le rétablissement de l’économie, il y a la solidarité financière et il y a les droits des citoyens étendus. Dire la vérité, voilà ce que je dois d’abord au peuple français, peuple adulte, peuple libre, peuple lucide. Voilà mon devoir. <br />  La deuxième valeur que je porte, c’est le travail. La République veut que le talent, l’effort, le risque soient récompensés. Mais où est le respect du travail quand trois millions de nos concitoyens sont au chômage ? Où est le respect du travail quand les plus jeunes sont condamnés à la précarité, faute de disposer d’un contrat à durée indéterminée ? Où est le respect du travail quand les revenus du capital sont moins imposés que les revenus du labeur ? Où est le respect du travail quand ceux qui ont commencé tôt leur vie professionnelle sont obligés d’attendre 62 ans pour partir à la retraite ? Où est le respect du travail quand les patrons du CAC 40 s’augmentent de 34 % pour une rémunération moyenne de 4 millions d’euros par an — 240 années de Smic — et quand les mêmes considèrent que relever le Smic serait prendre un risque pour l’économie elle-même ? <br />   <br />  Eh bien je vous le dis, le travail doit être réhabilité, et nous y mettrons bon ordre. Nous créerons d’abord 150 000 emplois d’avenir pour les jeunes, et notamment dans les quartiers les plus difficiles. Nous introduirons le contrat de génération, celui qui permet à un employeur de garder un senior le temps qu’il puisse partir à la retraite, et d’embaucher un jeune avec un contrat à durée indéterminée, le senior faisant la transmission de la connaissance et du savoir au jeune. Nous permettrons à tous ceux qui ont leurs 41 années de cotisation et qui ont commencé à travailler tôt de pouvoir partir à la retraite à 60 ans. Nous modulerons les cotisations chômage en fonction de la part des contrats précaires. Il n’y a pas de raison que les entreprises qui embauchent à contrat à durée indéterminée payent autant de cotisations chômage que les entreprises qui embauchent par intérim ou par CDD ! Nous plafonnerons les rémunérations dans le service public : l’écart sera d’un à vingt. Et dans le secteur privé, au-delà du rôle que peut jouer la fiscalité, je fais la proposition que des représentants des salariés puissent participer aux comités de rémunération qui fixent précisément les salaires, les primes et les bonus des dirigeants. Voilà comment nous réhabiliterons le travail, qui est une belle valeur. Jean Jaurès disait : « Le travail c’est la liberté, c’est l’accomplissement, c’est l’émancipation ». <br />  Ma troisième valeur, c’est la justice. L’âme de la République, c’est l’égalité. La solidarité n’est pas l’assistance ! Et dans une société civilisée, dans la République du XXIe siècle, personne ne doit être laissé sur le bord de la route. Chacun a droit à la sollicitude de la République. Les faibles, les oubliés, les handicapés doivent être défendus, promus. Bien sûr — et je l’entends -, chacun doit faire sa part de l’effort. Aucune subvention ou allocation ne doit être versée sans contrepartie, parce que c’est aussi ça, le contrat social dans la République. Chacun doit montrer l’exemple. Mais moi, je ne stigmatiserai pas le chômeur en disant qu’il est responsable de sa condition. Il est une victime. Ceux qui sont responsables du chômage, ce sont ceux qui ont dirigé le pays ! Je ne dirai pas que les malades sont responsables de la maladie. Nous avons le devoir de faire que l’égalité entre tous les citoyens soit une égalité de droit, et aussi de responsabilité. Je veux une France solidaire, parce que je veux une France juste et une République forte. Je vais vous dire une chose toute simple, c’est que la France n’est forte que si elle est juste. Si elle n’est pas juste, c’est là qu’elle s’affaiblit, c’est là qu’elle s’amoindrit. <br />   <br />  Le redressement se fera dans la justice. Je tiendrai l’engagement de réduction des déficits, parce que je veux désendetter l’Etat et le pays. J’ai annoncé une réforme fiscale. Elle visera à faire peser l’effort sur ceux qui peuvent le supporter. Chacun contribuera en fonction de sa capacité. Nous montrerons aussi du sérieux dans la dépense. Il y a des économies à trouver ; il y a du superflu et nous le trouverons. Mais les investissements d’avenir seront protégés, l’éducation, l’école parce qu’elle est au cœur de tout, parce que j’ai pris un grand engagement dans cette campagne présidentielle, c’est de faire de la jeunesse la priorité majeure du prochain quinquennat. Non pas pour la jeunesse en tant que telle, mais pour tout le pays, pour nous rassembler autour de son avenir. L’éducation, parce que nous avons à la fois à porter le niveau de l’excellence et en même temps à lutter contre l’échec scolaire. Je dis l’éducation, je devrais dire aussi la connaissance, la culture, bref tout ce qui élève une société et permet à chacun à la fois de réussir sa vie, de contribuer à la réussite collective et en même temps d’être un citoyen exemplaire. <br />   <br />  Aucune dépense nouvelle ne pourra être décidée sans chercher l’économie ou la recette correspondante. En 2017, au terme du prochain quinquennat, nous aurons atteint l’équilibre budgétaire. La France que nous voulons, ce n’est pas la France de la dette, c’est la France de la justice. <br />   <br />  Enfin, il y a d’autres valeurs qui me viennent à l’esprit. Le respect d’abord. <br />   <br />  Le respect des institutions, partout et pour tous, et d’abord pour le chef de l’Etat, qui doit donner l’exemple. Pas simplement par son statut, où il doit être responsable de ses actes, pas simplement par sa rémunération — même s’il doit là aussi faire les gestes qui conviennent — mais par sa conception du pouvoir. Le président de la République tel que je le conçois ne peut pas décider de tout, sur tout, et en fait n’être responsable de rien. Il doit donner les grandes orientations, rassembler la Nation autour de grands objectifs, d’une vision. <br />   <br />  Je rétablirai dans toute sa dimension la fonction de premier ministre — je ne parle pas de celui qui est aujourd’hui à Matignon, je parle du prochain… Les ministres exerceront leur compétence. Les droits du Parlement seront renforcés. La démocratie sera rendue plus vivante. Le non-cumul des mandats sera instauré. La proportionnelle sera introduite. La parité sera respectée, et les partis qui s’en échapperont devront perdre toute subvention venant de l’Etat. Les partenaires sociaux seront considérés, leur rôle sera même précisé dans la Constitution. Un nouvel acte de décentralisation sera posé pour donner toute leur force aux territoires. <br />   <br />  Le respect. Le respect aussi de la loi. Le respect pour qu’aucune fraude ne soit tolérée — fraude fiscale, fraude sociale -, pour que chacun soit conscient du tort qu’il inflige à la Nation. Le respect, c’est aussi celui d’avoir des lois qui s’appliquent partout, et le droit à la sécurité qui doit être reconnu. La violence progresse. Depuis dix ans, les violences aux personnes ont augmenté de 20 %. Les agressions les plus violentes se sont multipliées. Eh bien, nous ne céderons rien contre ce fléau qui touche les plus fragiles. Nous augmenterons les effectifs de Police et de Gendarmerie. Nous les répartirons sur le territoire différemment, là où il y a effectivement le plus de besoins. La justice aura les conditions pour être plus rapide dans ses décisions : 120 000 décisions, aujourd’hui, ne sont pas exécutées ! La protection judiciaire de la jeunesse sera renforcée. Parce que nous avons besoin, là, d’éviter que des jeunes qui ont connu des défaillances puissent connaître la récidive. Il y aura des établissements à chaque fois différents, selon les actes qui auront été commis par ces jeunes délinquants. C’est un droit que nous devons poser. Je défie d’ailleurs quiconque qui voudra aller chercher la Gauche sur ce terrain-là ! Celui qui s’y est essayé depuis dix ans, qui avait fait de la lutte contre l’insécurité son cheval de bataille, a été désarçonné par la situation. Eh bien nous, nous montrerons que nous avons les réponses, sans rien occulter des causes économiques, des causes sociales, mais sans rien excuser des responsabilités individuelles. <br />   <br />  Il y a une autre valeur, la dignité. La dignité humaine. C’est elle qui nous fera engager une grande politique du logement et du logement social, parce qu’il est inacceptable de ne pas avoir un toit, de ne pas vivre décemment, de ne pas pouvoir fonder une famille, ou pour un jeune de ne pas pouvoir connaître l’autonomie ou l’indépendance. <br />  C’est également au nom de la dignité que je rétablirai l’égalité des Français dans l’accès aux soins. Parce qu’il m’est insupportable que des femmes, des hommes, des personnes âgées, des jeunes soient contraints de renoncer à se soigner pour des raisons financières. <br />   <br />  C’est au nom de la dignité que je veillerai à l’égalité salariale hommes-femmes et que je protégerai les femmes des violences dont elles sont trop souvent victimes. C’est au nom de la dignité que je permettrai à chacun de vivre selon son orientation sexuelle. C’est au nom de la dignité que je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale, incurable, d’une maladie provoquant une souffrance physique, psychique insupportable et qui ne peut plus être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et sous contrôle de plusieurs médecins, à bénéficier d’une assistance médicale pour vivre sa vie dans la dignité jusqu’à la fin. <br />   <br />  Voilà cette politique, voilà mes valeurs. Elles ont un nom, c’est le progrès. Je crois au progrès, au progrès économique, au progrès scientifique, au progrès social, au progrès humain, au progrès éducatif. C’est ce qui a fait que la génération qui vient doit vivre mieux que la nôtre. Le progrès, c’est que les parents doivent savoir que leurs enfants auront un avenir meilleur que le leur. C’est ça le rêve ! C’est ça le rêve républicain ! C’est ça qui fait que depuis la Révolution française, à travers les grandes conquêtes, à travers les grandes luttes, génération après génération, la France a été capable de porter cet idéal, de donner confiance et d’être fière d’elle-même. <br />   <br />  La France doit progresser, sur tous les plans en même temps. On ne peut pas avoir d’un côté la modernisation économique et, d’un autre côté, la régression sociale et le conservatisme sur les mœurs. C’est tout le mouvement qui nous fera avancer. Nous sommes le parti – je suis le candidat du mouvement, du progrès, de l’avancée, de la conquête, du siècle qui vient ! <br />  Et la plus haute, la plus belle de nos valeurs, celle qui les résume et qui les englobe toutes, c’est la République. Une République unie. Une République laïque, parce que la laïcité, tout simplement – et elle n’a pas besoin d’épithète pour être plus forte –, la laïcité est la valeur qui protège et qui libère. Je lutterai avec détermination contre toutes les dérives communautaires. Et j’ai proposé d’inscrire les principes de la loi de 1905 dans la Constitution, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de doute sur nos intentions, dans le respect de la liberté de conscience, de la liberté religieuse. Parce que c’est cela, aussi, la loi de 1905 – celle qu’avaient voulue Jaurès, Aristide Briand et tant d’autres : donner de la liberté et, en même temps, faire en sorte que nul ne soit inquiété parce qu’il croyait ou qu’il ne croyait pas, et parce que l’école devait être protégée de toutes les influences. <br />  Et si d’aventure tel ou tel groupe, d’où qu’il vienne, voulais s’ériger en lobby pour le compte d’un courant hostile à la liberté, je l’annonce : il trouverait la République sur son chemin ! <br />   <br />  Chers amis, une élection présidentielle – moment si important, instant si décisif, mobilisation si puissante –, c’est aussi parler au peuple. Parler au peuple, c’est l’élever autour d’une grande cause : le redressement dans la justice, l’espérance dans la République. Parler au peuple, c’est exalter notre fierté commune, notre histoire, nos réussites, notre vitalité, nos atouts. Parler au peuple, c’est s’adresser au meilleur de chacun d’entre nous, de ce qu’il a de plus fécond, de plus fertile, de plus inventif, de plus heureux. Ce n’est pas s’adresser à la part d’ombre que nous pouvons, nous aussi, quelles que soient nos valeurs, avoir au fond de nous. Parler au peuple, ce n’est pas flatter les instincts de la facilité. C’est ne pas désigner les chômeurs comme des responsables. C’est ne pas considérer la jeunesse comme un fardeau, ou les étrangers comme une menace. Parler au peuple, et je le ferai, c’est promouvoir l’essentiel, ce qui élève, ce qui redresse, ce qui unit. C’est considérer que chacun, chacune, ici, ailleurs, est un atout pour la France. Parler au peuple, c’est savoir que le cœur n’est pas une pulsion, que la raison n’est pas le sens commun, que la démagogie n’est pas la démocratie, que la flatterie n’est pas une marque d’affection mais de mépris. <br />  Le peuple français est un grand peuple politique. Il sait ce qui lui a été promis, annoncé, proclamé – et qui n’a pas été tenu. Je fais confiance au peuple français pour savoir ce qu’il a à faire. Et, en même temps, je veux redonner confiance à la France. J’ai entendu que le candidat sortant – parce qu’à cette heure, il a dû faire sa déclaration ! – annonçait une pluie de référendums. En cas de réélection, les Français seraient consultés sur le chômage. Peut-être avec la question « êtes-vous pour ou contre le chômage » ? Consultés sur la formation : « êtes-vous pour ou contre la formation ? » Consultés sur les étrangers – ah, on voit déjà un peu plus de malice ! Consultés sur la règle d’or – pas besoin d’être consultés sur la règle d’or, puisque nous aurons à prendre des engagements et que nous les respecterons. Curieuse position, quand même, quand pendant cinq ans, le même s’est refusé à consulter le peuple français quand il lui a été fait, à tort ou à raison, la demande sur les retraites, sur le nucléaire et – pourquoi pas ? – sur la TVA sociale ! Curieuse conception, et en tout cas ce n’est pas la mienne, de nos institutions. Moi, je crois au Parlement, à sa capacité à nous représenter, à trancher les débats. Je crois aussi à la citoyenneté. Il y a bien d’autres formes de consultation que celle simplement de répondre par oui ou par non à une question. Je crois à la démocratie, qui suppose la connaissance, la réflexion commune, la délibération collective. Curieuse conception que d’inventer des consultations à la veille d’une élection… <br />   <br />  Eh bien, moi, je vais vous annoncer que le seul référendum que je connaisse, le seul qui comptera, c’est le 6 mai prochain. C’est l’élection présidentielle ! Et j’ai même trouvé la question qui sera posée à nos concitoyens. « Voulez-vous poursuivre cinq ans de plus avec le même président ? » « Voulez-vous changer de président, de politique, de méthode, de majorité ? » Eh bien voilà le référendum qui va arriver le 6 mai, si vous arrivez aussi à mobiliser les Français autour de cette grande consultation ! <br />  Mes chers amis, la tâche qui nous attend est immense : redresser nos comptes publics, notre industrie, notre économie ; faire prévaloir la justice ; restaurer nos valeurs, celles de la République ; donner une espérance, celle de la jeunesse. Et, en plus, il nous faudra réorienter l’Europe. Il faut, certes, des disciplines au sein de la zone euro. Elles sont nécessaires. Il faut que chacun les respecte – sinon, il n’y a pas de monnaie unique possible. Nous devons coordonner nos politiques économiques – c’est indispensable si nous voulons agir dans le même espace. Mais j’ai indiqué qu’il faudra aussi donner priorité à la croissance. Sinon, nous n’atteindrons aucun de nos objectifs de maîtrise de la dette et de retour à l’équilibre. C’est cette dimension-là qu’il faut apporter aux traités européens! <br />  J’ai compris que Madame Merkel avait des positions fermes là-dessus. Je les respecte. Et qu’elle soutenait d’autant plus le candidat sortant qu’il ne la contredit plus depuis longtemps ! Elle a bien le droit. Elle peut avoir ses préférences. Et lui peut chercher son soutien – et je ne m’en plaindrai pas. Ce que nous aurons à faire, au lendemain de l’élection présidentielle, si les Français m’en donnent mandat, ce sera de convaincre – la Chancelière, mais aussi les chefs de gouvernement, qui nous regarderont un peu curieusement, sans doute. Mais c’est le peuple français qui nous aura donné de la force ! Parce que quand le peuple français s’est exprimé dans une élection présidentielle, quand le peuple français a investi un candidat qui est devenu président, eh bien la force du président entrant est très différente de la force du président sortant ! <br />  Beaucoup en Europe, et pas simplement dans les partis progressistes, attendent notre victoire : pour donner une nouvelle dimension aux traités européens, sur l’intervention de la Banque centrale européenne, sur la capacité d’emprunt de l’Europe, sur les grands projets industriels et énergétiques. Là encore, c’est le peuple français qui sera déterminant, parce que c’est lui qui fournira une partie de la réponse – pas toute la réponse. Evitons de pêcher par arrogance en considérant que nous serions le seul peuple à décider du reste. Mais je sais que ce que les Français décideront le 6 mai vaudra pour la France, mais influencera l’Europe tout entière. C’est dire notre responsabilité, votre responsabilité ! Le vote du 6 mai est un vote pour la France et pour l’Europe. Il induira un changement en France, mais il provoquera aussi un changement en Europe. Nous sommes attendus. Nous sommes espérés. Nous sommes regardés, en Europe et dans le monde. Laurent Fabius l’évoquait : la France n’est pas n’importe quel pays : la France des droits de l’homme, la France des libertés, la France de la culture, la France de la solidarité, la France des valeurs universelles ! Vous êtes ce peuple-là, un grand peuple qui doit être à la hauteur de sa tâche historique ! Que ceux qui doutent – et j’en connais –, que ceux qui s’inquiètent, que ceux qui craignent le déclin se disent que lorsqu’on a cette histoire-là, qu’on a surmonté tant de difficultés, quand on a été porté par des hommes et des femmes d’excellence pendant toutes ces décennies, alors chacun doit être fier ! Fier de cette histoire, fier de son pays, fier de sa capacité à changer – changer le cours de l’Europe et, peut-être même, le cours de l’humanité ! <br />   <br />  Chers amis, nous sommes à 66 jours du premier tour. Je les compte ! Chaque jour ! Et pour l’instant, nous sommes sur la bonne trajectoire. Mais nous ne savons pas ce que sera demain. Cela dépendra de vous. Oui, nous sommes à 66 jours du premier tour. Moi, je suis en campagne depuis près d’un an. Je vais fêter, bientôt, ce premier anniversaire – mais enfin, cela va bientôt s’arrêter ! Je ne me préoccupe pas des autres. Je ne me détourne pas de mon objectif : gagner, faire gagner la Gauche, faire avancer la France. Je suis sur ma ligne. Je ne m’en dévie pas. Je ne regarde pas derrière, pas devant non plus. En tout cas pour l’instant. J’ai compris que d’autres s’étaient élancés. Eh bien, le débat est engagé ! Il va s’intensifier – et, je l’ai dit, je souhaite qu’il se situe à la bonne hauteur. Mais je sais par expérience que rien ne nous sera épargné. A moi-même, mais je suis résistant. A la Gauche, mais elle saura se rassembler. Aux Français eux-mêmes, qui peuvent se laisser parfois impressionner. Toutes les grandes élections présidentielles se résument souvent en une confrontation entre la peur et l’espoir. <br />  On voudra – à mesure qu’une possible victoire se dessinera, mais nous n’en sommes pas encore là – faire peur. On dira que si nous gagnons, la France risque d’être dégradée. Mais c’est fait ! Que les caisses seront vidées. Mais c’est fait ! Que l’argent va partir. Mais c’est fait ! On dira tant de choses, tant de choses fausses. Que nous allons régulariser tous les sans-papiers, alors que 30 000 le sont chaque année par le gouvernement. Et ce qui sera notre responsabilité, ce sera de fixer des critères qui vaudront partout, pour tous, sans qu’il soit besoin d’arbitraire. On nous dira que nous sommes des laxistes, alors que j’ai démontré le contraire et que la Droite a laissé les violences aux personnes progresser de 20 %. On nous dira que nous voulons détruire la famille, alors que nous allons augmenter l’allocation de rentrée scolaire et que nous allons donner priorité à l’école – ce qu’attendent tant de familles en France, avec ces suppressions de postes et de classes. Nous croyons en la famille, à la vitalité démographique, à l’accueil des enfants ! Nous savons que la jeunesse sera notre chance ! <br />   <br />  Alors, ne vous laissez pas impressionner, intimider. La Droite a toujours joué avec les peurs. En 1936, le Front populaire inquiétait déjà. Et puis, en 1981, que disait-on ? Certains voyaient même les chars soviétiques sur la place de la Concorde ! Certains sont restés place de la Concorde tout au long du mois de mai, jusqu’au 14 juillet. Et qu’ont-ils vu ? Défiler des chars français devant François Mitterrand, le 14 juillet 1981. <br />   <br />  La Droite a toujours joué avec les peurs. C’est ainsi que, depuis longtemps, elle veut garder le pouvoir qu’elle considère comme sa propriété. Comme si elle était la seule légitime à pouvoir diriger la France. Je ne sais pas pourquoi. Par héritage ? Par privilège ? Par conception particulière de leurs talents ? Lesquels ? De leurs mérites ? Lesquels ? De leurs réussites ? Mais lesquelles, encore ? Non ! <br />   <br />  C’est la Gauche qui a toujours redressé le pays à des moments décisifs de notre histoire ! <br />   <br />  Et nous, nous devons non pas faire peur, mais donner espoir. Espoir dans le redressement, espoir dans la justice, espoir dans la jeunesse, espoir dans la République, espoir dans la France, espoir dans l’avenir. Voilà ce que nous avons à porter : un rêve français. Vivre mieux. Avancer. Progresser. C’est le sens du projet que je porte. Face à la crise qui affecte notre pays, je propose un chemin : celui de la République, celui de ses valeurs. Plutôt que l’argent, l’intérêt général. Plutôt que les inégalités, la justice. Plutôt que la stigmatisation, l’unité et le rassemblement. Je veux rassembler le pays. Je veux l’union plutôt que la division et les dissensions. Je veux le respect et la concorde plutôt que la brutalité et les querelles. <br />   <br />  Je ne convaincrai pas tout le monde, si j’arrive à être élu – ce qui n’est pas encore fait, et loin de là. C’est terrible de penser que tous les Français ne vont pas voter pour nous. Mais en même temps, c’est la démocratie. C’est le droit de chacun. Eh bien, je vous le dis, aujourd’hui, ici, en Normandie : nous devons rassembler ! Rassembler les Socialistes : c’est fait depuis longtemps, ils sont là. Rassembler la Gauche : nous avons besoin de toute la Gauche, de toutes ses sensibilités – communiste, écologiste – parce que c’est la Gauche qui donne la victoire, qui donne la force ! Mais nous devons aussi rassembler les Français, n’écarter personne, ne rejeter aucun concours. Et même ceux qui n’auront pas voté pour nous seront les bienvenus après l’élection présidentielle pour travailler au redressement de notre pays. <br />   <br />  Voilà le sens de la présidence que je vous propose. Voilà le temps politique que je veux ouvrir. Celui d’une Gauche rassembleuse, capable de se mettre à la hauteur de la France. Une Gauche efficace, comme elle l’a toujours fait dans son histoire, avec Pierre Mendès France, avec Pierre Bérégovoy – lui aussi, grand Normand, grand Français dont je salue la mémoire. Oui, la Gauche est sérieuse ! Mais la Gauche doit être aussi audacieuse, créative, pleine de projets, portant aussi la culture comme une force. Une Gauche qui doit avoir non pas le goût du pouvoir, mais le goût de la transformation. Qui doit être aux responsabilités, toujours dans le mouvement, dans le changement. Qui ne doit jamais s’habituer au pouvoir – mais enfin, faudrait-il y rester le temps nécessaire. C’est cette Gauche-là dont la France à besoin ! C’est cette Gauche-là que les Français attendent. L’apaisement, parce qu’il est nécessaire. L’ambition collective, parce qu’elle est indispensable. <br />   <br />  J’ai besoin, maintenant, de vous ! Vous citoyens, vous amis, vous la Gauche dans toutes ses sensibilités. J’ai besoin de toutes les forces de la France, pour que nous puissions gagner. Gagner pour nos idées. Gagner pour notre pays. Gagner pour la République. Avec vous, avec votre soutien, avec votre force – vous qui êtes venus si nombreux ce soir ! <br />   <br />  Oui, j’ai confiance ! J’ai confiance parce que j’ai espoir. Et j’ai espoir parce que j’ai confiance. Le changement arrive ! Il est là, à portée de main ! <br />   <br />  Le changement, c’est maintenant ! <br />   <br />  Le changement, c’est le 6 mai ! Et le 22 avril, rendez-vous pour le changement ! <br />   <br />  Vive la République ! Et vive la France ! <br />  
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   <title>Meeting de François HOLLANDE au Bourget</title>
   <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 17:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal Deguilhem</dc:creator>
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   Le dimanche 22 janvier, François HOLLANDE a lancé sa campagne pour les élections présidentielles, lors d'un grand meeting au Bourget.     <div>
      Je vous propose de revivre ce grand moment&nbsp; en <a class="link" href="http://francoishollande.fr/discours-de-francois-hollande-au-meeting-du-bourget/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">cliquant ici</a>.
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   <title>Discours de François HOLLANDE au Bourget</title>
   <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 18:46:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal Deguilhem</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Elections]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Le Dimanche 22 janvier, François HOLLANDE a lancé sa campagne pour les élections présidentielles lors d'un grand Meeting au Bourget.Voici son Discours.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.pascaldeguilhem.net/photo/art/default/3844497-5771452.jpg" alt="Discours de François HOLLANDE au Bourget" title="Discours de François HOLLANDE au Bourget" />
     </div>
     <div>
      Mes chers amis, vous qui êtes ici, vous qui me regardez de loin, de plus loin même, je suis venu vous parler de la France, et donc de la République. Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère. Je suis venu vous parler de la France d’aujourd'hui – une page est en train de s’effacer – et de la France de demain – nous sommes en train de l’écrire. Je suis venu vous parler de la France que nous allons construire le 6 mai. Je le fais ici en Seine-Saint-Denis, ce département aux multiples couleurs, le plus jeune de France, qui accumule tant de difficultés, et qui en même temps recèle tant d’atouts. <br />   <br />  Chacune, chacun, ici, plus loin, en métropole, en Outre-mer a son histoire, ses racines, son parcours, ses préférences, sa singularité. Mais nous appartenons à la même Nation, avec ses valeurs, ses principes, sa culture, sa langue, ses institutions et nous aspirons donc au même avenir. L’enjeu de cette campagne qui commence, n’allez pas le chercher dans un affrontement partisan. L’enjeu de cette campagne va bien au-delà de nous, de la Gauche. L’enjeu de cette campagne, à trois mois du premier tour, c’est la France. C’est la France, toujours. <br />   <br />  Devant vous rassemblés, foule nombreuse, des milliers, je ressens une profonde émotion, celle d’exprimer votre conviction, votre volonté, votre espérance. Je mesure la fierté d’avoir été désigné par des primaires citoyennes comme candidat à l’élection présidentielle. J’ai conscience de la tâche qui est la mienne : incarner le changement, faire gagner la Gauche et redonner confiance à la France. <br />  Nous sommes ici, mes chers amis, pour changer le destin de notre pays. Je suis prêt à assumer cette responsabilité et donc à vous dire quelle est ma conception de la présidence de la République, et ce qui justifie que je me présente aujourd'hui. Quelle est la plus grande mission que de présider la République française ? <br />   <br />  Présider la République, c’est se dévouer à l’intérêt général, dont toute décision doit procéder. C’est éprouver la France par sa raison et dans son cœur. C’est prolonger l’histoire de notre pays, qui vient de loin, avant la République, avec la République, et qui a souvent, si souvent éclairé l’histoire du monde. C’est se situer à cette hauteur. C’est s’en montrer digne, partout, en tout lieu et dans tous les actes qu’exige la fonction présidentielle. <br />   <br />  Présider la République, c’est préserver l’Etat, sa neutralité, son intégrité, face aux puissances d’argent, face aux clientèles, face au communautarisme. Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité, car c’est une valeur qui libère et qui protège. Et c’est pourquoi j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Eglises de l’Etat, dans la Constitution. <br />   <br />  Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti, qui risque d’ailleurs de devenir un clan. Présider la République, c’est élargir les droits du Parlement. C’est reconnaître les collectivités locales dans leur liberté. C’est engager un nouvel acte de la décentralisation. C’est promouvoir les partenaires sociaux. C’est reconnaître leur rôle dans la Constitution. C’est faire participer les citoyens aux grands débats qui les concernent, et le premier sera l’avenir de l’énergie en France. <br />   <br />  Présider la République, c’est choisir les femmes, les hommes qui gouverneront la France en respectant leurs compétences, et d’abord celles du Premier ministre. Présider la République, c’est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions. C’est aussi ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes ou des radios du service public audiovisuel et laisser cette mission à une autorité indépendante. <br />   <br />  Présider la République, c’est démocratiser les institutions. Et j’introduirai le non-cumul des mandats pour les Parlementaires, une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale, la parité dans l’exercice des responsabilités et le droit de vote des étrangers aux élections locales, sans rien craindre pour notre citoyenneté, pour la cohésion du pays, en mettant de côté les peurs, les frilosités et les conservatismes. <br />   <br />  Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques. Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Et malheur aux élus qui y succomberont ! Présider la République, c’est rassembler, c’est réconcilier, c’est unir, sans jamais rien perdre de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion, les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours, ceux qui seraient là depuis moins longtemps. <br />   <br />  Présider la République, c’est élever et ne jamais abaisser. Présider la République, c’est être ferme, ferme y compris à l’égard de l’immigration clandestine et de ceux qui l’exploitent. Mais c’est traiter dignement les étrangers en situation régulière et ceux qui ont vocation à l’être sur la base de critères objectifs. C’est accueillir les étudiants étrangers qui veulent apprendre dans notre pays pour enrichir le leur et qui font rayonner la France. Et aucune circulaire ne doit empêcher de circuler les étudiants, les savants, les artistes qui viennent ici pour donner le meilleur d’eux-mêmes. <br />   <br />  Présider la République, c’est porter les valeurs de la France dans le monde. C’est considérer les autres peuples pour qu’ils nous estiment en retour. C’est s’abstenir de faire la leçon, y compris sur leur place dans l’histoire. C’est ne jamais transiger avec les fondements du génie français, qui sont l’esprit de liberté, la défense des droits de l’homme, l’attachement à la diversité culturelle et à la francophonie, la belle langue de France parlée par d’autres que des Français. Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. Présider la République, c’est utiliser notre siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies pour acter le départ de ceux qui écrasent leur peuple, comme Bachar el-Assad en Syrie. C’est inlassablement contribuer à la paix au Proche-Orient. <br />   <br />  Mais Présider la République, c’est savoir aussi prendre des décisions difficiles, pas simplement à la suite d’un drame. Je pense à nos morts en Afghanistan, auxquels je veux rendre hommage ici, avec émotion, avec dignité, avec respect, comme aux blessés qui souffrent dans leur chair. Je pense à leurs familles dans la peine. Je les ai écoutées. Je pense à leurs proches qui s’interrogent. Ces hommes assassinés faisaient leur devoir. Leur sacrifice suscite le respect de la Nation toute entière. Mais il faut aussi avoir la lucidité d’affirmer, au-delà du dévouement des hommes là-bas pour leur pays, que notre mission est terminée. Elle avait été engagée il y a plus de dix ans par Lionel Jospin et Jacques Chirac dans un but précis, qui était de répondre à l’attaque terroriste sur les Etats-Unis. Je l’avais pleinement approuvée. Et bien aujourd'hui, cette mission est achevée. Il est donc temps de décider le retrait qui s’impose, et je l’ai décidé de longue date. J’en assumerai donc, si les Français m’en donnent mandat, toute la responsabilité. J’en préviendrai nos alliés et je ferai en sorte que ce retrait se fasse en bon ordre, sans en aucune façon menacer la vie de nos soldats. <br />   <br />  Présider la République enfin, c’est donner le meilleur de soi-même, sans jamais attendre en retour récompense ni même reconnaissance. C’est être ambitieux pour son pays et humble pour soi-même. C’est se donner pleinement, entièrement à la cause que l’on a choisie, la seule cause qui vaille : servir la France. Présider la République, c’est mettre toute la puissance de l’Etat au service des citoyens. C’est donner l’exemple, y compris dans son comportement et pour sa propre rémunération. Et je ne dis pas cela par facilité ou par commodité ou pour plaire, mais tout simplement parce que ce doit être un principe. Je réduirai de 30 % les indemnités du Président et des membres du gouvernement, tout simplement pour donner l’exemple au moment où, précisément, des efforts sont demandés à nos concitoyens. <br />   <br />  Présider la République, c’est à cette fonction que je me suis préparé. J’en sais la grandeur, la dureté. Je veux le faire en étant digne de votre confiance et en restant fidèle à moi-même. Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance : mes engagements, mes responsabilités, mes réussites, mes épreuves. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée. <br />  Je suis socialiste. La Gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. Il m’a fallu décider lucidement d’aller vers elle. J’ai grandi en Normandie dans une famille plutôt conservatrice. Mais cette famille m’a donné la liberté de choisir, par son éducation. Je remercie mes parents. Mon père, parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions. Ma mère, parce qu’elle avait l’âme généreuse et qu’elle m’a transmis ce qu’il est de plus beau : l’ambition d’être utile. <br />  La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête. La Gauche, je l’ai défendue fermement dans ses réalisations : celles de 1981, celles de 1988. La Gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député. La Gauche, je l’ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays avec honneur et j’en revendique les avancées. Aujourd'hui, c’est moi qui vous représente. C’est moi qui porte votre espoir. C’est moi qui porte l’obligation de gagner. C’est moi qui vais dans ce combat vous conduire à la victoire, celle que vous attendez depuis trop longtemps, dix ans déjà. Dix ans qu’une droite s’est installée au pouvoir et qu’elle a défait ce que nous avons construit. <br />   <br />  Chers amis, laissez-moi vous en dire davantage. Je suis un élu de la France rurale où les agriculteurs démontrent l’excellence de leur travail sans en recevoir le revenu qu’ils méritent. Je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris. J’ai été maire de Tulle, une ville petite par la taille, à peine 17 000 habitants, mais grande par l’histoire. Tulle a été une cité de la Résistance. Elle a souffert le martyre : 99 pendus, 200 déportés le 9 juin 1944, emportés par la barbarie nazie. Chaque année, ce 9 juin, un cortège s’ébranle dans les rues de ma ville pour rappeler la mémoire des suppliciés. Une guirlande est accrochée au balcon, là où un corps sans vie se balançait lentement. J’ai leur nom dans la tête. Ce sont mes héros. Je ne les oublierai jamais. Ils me font avancer. Ils me rappellent à chaque moment la belle leçon d’humanité de ceux qui ont sacrifié leur vie, leur vie pour notre liberté. Ces résistants n’ont pas eu de célébrité, pas de récompense, pas de médaille. Ils ne cherchaient rien, ils ne demandaient pas des bonus ou des stocks-options pour leurs actions. Ils étaient des hommes, des femmes fiers. Ce n’était pas l’ambition ou la cupidité qui les animaient. Ceux-là ont sauvé notre honneur parce qu’ils croyaient d’abord dans les valeurs de la France. Et bien c’est leur lutte qui m’éclaire aujourd'hui. <br />   <br />  Je suis président d’un Conseil général, celui de la Corrèze. Un département célèbre pour ses personnalités politiques, mais qui est exigeant. Celui qui réussit à obtenir son soutien a au moins des qualités de cœur, même s’il n’a pas toujours raison. Rien ne m’a été donné. Ce que j’ai arraché, je l’ai conquis et je l’ai fait fructifier. J’ai déclaré ma candidature à l’élection présidentielle il y a presque un an. J’ai réussi à convaincre les électeurs des primaires citoyennes, quand bien peu imaginaient mon succès à l’origine. J’ai veillé, au lendemain de cette consultation, à rassembler tous ceux qui s’y étaient présentés, et je les salue avec affection, comme je salue Martine Aubry qui nous a permis de nous retrouver tous ensemble, et Jean-Michel Baylet qui nous apporte aussi les Radicaux de gauche. <br />   <br />  Chers amis, si j’en suis là, c’est le fruit de cette obstination. Le hasard n’y est pour rien. C’est un aboutissement. Vous me connaissez, certains, depuis longtemps, trente ans. C’est un bail qui récompense, pour les uns et pour les autres, une fidélité et une ténacité. C’est vrai que je ne m’exhibe pas, je reste moi-même, c’est ma force. Ce que vous voyez ici, c’est ce que je suis. Je veux conquérir le pouvoir, mais je ne suis pas un vorace, je veux simplement le mettre au service des Français. Le pouvoir, j’en sais la nécessité, l’utilité, et j’en connais les dérives. Je suis placide avec ces choses, j’ai fait de l’engagement ma vie entière. J’ai sacrifié beaucoup. J’ai donné, j’ai reçu du temps, du travail, des coups, mais j’ai une cohérence, je m’y tiens, je suis constant dans mes choix. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. J’ai conscience que l’Etat, pour être efficace, appelle une direction sûre à sa tête, mais qu’il n’y a pas de réussite possible si celui qui est à la tête du pays, précisément, n’associe pas les autres, ne mobilise pas les intelligences, ne gagne pas le meilleur de ce qu’il y a dans chacun d’entre nous, ne fait pas entendre la voix du rassemblement, de la réconciliation et de l’apaisement. Je n’aime pas les honneurs, les protocoles et les palais. Je revendique une simplicité qui n’est pas une retenue, mais la marque de l’authentique autorité. <br />  Je vais vous confier mon secret, ce secret que j’ai gardé depuis longtemps mais que vous avez sans doute découvert : j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance. <br />   <br />  Je connais l’Etat pour en être issu et pour l’avoir servi de multiples façons. Certains me reprochent de n’avoir jamais été ministre. Quand je vois ceux qui le sont aujourd’hui, cela me rassure ! Ce sont les mêmes qui reprochaient en son temps à François Mitterrand de l’avoir été onze fois ! Et dois-je rappeler, en gardant la comparaison, que Georges Clémenceau ne devint ministre et président du Conseil qu’à 65 ans ? Mais je n’attendrai pas jusque-là, je vous le promets ! Je sais aussi que l’Histoire peut être tragique, que rien n’est jamais acquis, que tout ce que l’on croit irréversible, inaltérable, inattaquable peut être à tout moment atteint en son cœur. La crise, le fanatisme, le terrorisme, sans oublier les catastrophes naturelles : nous ne sommes jamais en paix. Le cours de l’Humanité n’est pas tranquille. Il connaît d’inexplicables assèchements, et parfois d’impensables débordements. L’homme d’Etat doit se préparer à tout, c’est-à-dire au pire, et toujours rester vigilant, poursuivre inlassablement le combat qui est le sien pour le progrès, pour la dignité humaine, pour la démocratie, ne pas se laisser détourner pas les mouvements d’humeur, par les modes, par les contournements de l’Histoire, tenir son cap. Je suis un optimiste de la volonté. Je crois que le meilleur est possible, qu’un peuple réuni autour d’un projet commun construit sa propre histoire. Je suis convaincu que les Français attendent aujourd’hui une direction forte, un rassemblement sur l’essentiel, et surtout de la part de celui qui doit les conduire, une considération, un apaisement, un respect, une confiance. <br />   <br />  La confiance est un mot qui ne figure pas dans les lois ou dans les règlements, qui ne coûte rien mais qui peut rapporter beaucoup. Elle commande beaucoup de choses. Elle ne résout rien par elle-même, mais elle autorise tout si on sait la saisir. Et c’est pourquoi je veux redonner confiance aux Français. <br />  Deux grandes dates ont marqué ma vie politique, l’une violente, le 21 avril 2002, une blessure que je porte encore sur moi, j’en ai la trace, ce soir terrible ou l’extrême droite, faute de vigilance et de lucidité face à la menace, face à la dispersion, met la Gauche hors-jeu et permet à la Droite de s’installer pour dix ans. J’en ai tiré toutes les leçons. Moi, je ne laisserai pas faire, je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour servir les intérêts de ces classes-là. Je ne laisserai pas un parti caricaturer les problèmes sans jamais apporter la moindre solution crédible. Je ne laisserai pas une formation politique se présenter comme la voix du peuple alors qu’elle veut simplement se servir de lui. Je ne laisserai pas s’éloigner au nom de la France des citoyens, nos amis, qui peuvent penser que l’ennemi est ici, qu’il a une couleur et une religion, ce qui serait contraire aux principes mêmes de notre République. Je ne laisserai pas utiliser la colère et la détresse pour mettre en cause la République, la construction européenne et les droits de l’homme. Je ne laisserai pas une formation politique réclamer le rétablissement de la peine de mort. Je me battrai, je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour conjurer ce risque et pour éviter que l’élection présidentielle soit tronquée. Parce que ce qu’attendent une grande majorité de nos concitoyens, c’est finalement le choix entre la Gauche et le Droite, c’est-à-dire le choix le plus clair pour permettre à notre pays de faire véritablement la décision. <br />   <br />  L’autre date qui reste gravée dans ma mémoire est plus heureuse, c’est le 10 mai 1981. J’avais 26 ans. Je sais ce qu’elle a représenté pour tous ceux qui avaient attenu pendant des décennies, si longtemps donc, ce moment, l’alternance enfin, le bonheur de la victoire. Il y a eu bien sûr d’autres succès pour la Gauche : 1988, 1997, mais ils ne pouvaient pas avoir la même portée. Et pour autant, je ne veux pas verser dans la nostalgie. L’épopée de la Gauche ne peut pas se réduire à des moments exceptionnels : 1936, 1981. Moi, je veux installer la Gauche dans la durée, et si je suis candidat, c’est pour renouer le fil, pour poursuivre la marche, pour mettre en accord la Gauche avec la France. Je veux, amis ici et au-delà, voir votre bonheur le 6 mai, la joie, je veux voir la joie de la conquête, l’enthousiasme de l’audace, et en même temps les débordements de la liberté. Je veux gagner avec vous le droit de présider la France. <br />   <br />  Je connais bien notre pays, je l’ai parcouru, sillonné tant de fois, sans jamais me lasser de le découvrir. Je connais ses villes qui changent, qui créent, qui entreprennent, ses espaces façonnés par le travail patient de nos agriculteurs, son espace maritime travaillé par les pêcheurs, ses lieux de production où l’intelligence des salariés se conjugue avec la compétence des ingénieurs. Je n’ignore rien non plus de nos villages où le silence s’est fait et où la vie s’est retirée, je n’ignore rien de ces quartiers de relégation où se mêlent la colère, le désespoir et malgré tout le talent et la volonté de réussir. C’est cette France que je veux avec vous servir. <br />   <br />  Comme vous, je connais la gravité de l’heure que nous vivons. Une crise financière déstabilise les Etats, des dettes publiques énormes donnent aux marchés tous les droits. L’Europe se révèle incapable de protéger sa monnaie de la spéculation. Notre propre pays est confronté à un chômage record et s’enfonce dans la récession autant que dans l’austérité. Le doute s’est installé. Je le mesure chaque jour. Il se charge en défiance envers l’Europe et même envers la démocratie. Il se transforme en indignation devant l’injustice d’un système, l’impuissance d’une politique, l’indécence des nantis. Il dégénère en violence privée, familiale, sociale, urbaine, avec cette terrible idée qui s’est installée, qui se diffuse dans notre conscience collective : la marche vers le progrès se serait arrêtée, nos enfants seraient condamnés à vivre moins bien que nous. Eh bien, c’est contre cette idée-là que je me bats. Voilà pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle. Je veux redonner confiance aux Français dans leur vie : la France a traversé dans son histoire bien des épreuves, bien des crises, des guerres, des révolutions, elle les a toujours surmontées, toujours en refusant l’abaissement, la résiliation, le repli, jamais en succombant au conformisme, à la peur, à la loi du plus fort, mais en restant fidèle aux valeurs de la République, en allant puiser en elle-même le courage pour accomplir les efforts, pour défendre son modèle social, pour garder sa fierté en redressant la tête, en regardant lucidement le défi à affronter, en débattant librement et en faisant les choix qui s’imposent. <br />   <br />  Il n’y a jamais, je dis bien jamais, une seule politique possible, quelle que soit la gravité de la situation. L’Histoire n’est pas l’addition de fatalités successives, elle nous enseigne qu’il y a toujours plusieurs chemins. La voie que je vous propose, c’est le redressement dans la justice, c’est l’espérance dans la promesse républicaine. <br />  Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats. <br />   <br />  Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle. <br />  Disant cela, je ne montre pour autant aucune indulgence sur le quinquennat qui arrive à son terme. Mais là n’est déjà plus la question. Les jugements sont faits. Commencé dans la virevolte, ce quinquennat finit dans la tourmente. Plombé par des cadeaux fiscaux destinés aux plus fortunés, il s’achève par des hausses de prélèvements imposées à tous les Français. Inauguré par une promesse de retour au plein emploi, il se termine par un chômage record. Et que dire des déficits, de la dette, de la désindustrialisation, de la démolition des services publics, notamment de l’école ? <br />   <br />  Un seul mot résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. Je ne parle pas d’une note. Je ne parle même pas des comptes publics. Je parle des conditions de vie, des comportements, tout simplement de la situation du pays. A l’injustice dans les choix, l’incohérence des décisions se sont ajoutés l’accaparement du pouvoir et la connivence avec les puissants, avec ce paradoxe ultime que la volonté d’omnipotence débouche sur un aveu d’impuissance. Voilà pourquoi le changement n’est pas seulement celui d’un président, d’un gouvernement ou d’une majorité. Il faut aller bien plus loin : c’est un changement de politique, de perspective, de dimension qu’il faut offrir à notre pays le 22 avril et le 6 mai. <br />   <br />  Si la finance est l’adversaire, alors il faut l’affronter avec nos moyens et d’abord chez nous, sans faiblesse mais sans irréalisme, en pensant que ce sera un long combat, une dure épreuve mais que nous devrons montrer nos armes. Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives. Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux. <br />  Les produits financiers toxiques, c’est-à-dire sans lien avec les nécessités de l’économie réelle seront purement et simplement interdits. Les stocks options seront supprimées. Et les bonus encadrés Enfin, je proposerai une taxe sur toutes les transactions financières, non pas le rétablissement de l’impôt de bourse, ce qui va être fait et qui a été supprimé il y a quelques mois – c’est vous dire la cohérence ! Non, je proposerai une véritable taxe sur les transactions financières, avec ceux en Europe qui voudront la mettre en œuvre avec nous. Je proposerai aussi, si l’on veut éviter d’être jugés par des agences de notation dont nous contestons la légitimité, de mettre en place au niveau européen une agence publique de notation. <br />   <br />  L’autre point par rapport à la finance est européen. La zone euro se défait sous nos yeux. La France doit retrouver l’ambition de changer l’orientation de l’Europe. Elle imposera de savoir convaincre et entraîner nos partenaires. On me demande souvent : « mais comment allez vous faire pour faire venir vos alliés dans cette Europe, sur les positions que vous défendez, puisque le Président sortant n’y est pas arrivé » ? Mais ce qui va changer, c’est le vote des Français, qui sera notre levier pour convaincre. Les destins de l’Europe et de la France sont liés, la grandeur de la France ne peut pas être séparée de la force de l’Europe. Nous avons besoin d’Europe, elle doit nous aider à sortir de la crise mais pas imposer une austérité sans fin qui peut nous entraîner dans la spirale de la dépression. Les disciplines sont nécessaires, des engagements, devront être pris pour le désendettement et être respectés. Mais c’est la croissance qui nous permettra d’y parvenir le plus sûrement. C’est pourquoi je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance. Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre pour lui apporter la dimension qui lui manque, c’est-à-dire la coordination des politiques économiques, des projets industriels, la relance de grands travaux dans le domaine de l’énergie et puis les instruments pour dominer la spéculation, un fonds européen qui puisse avoir les moyens d’agir sur les marchés avec l’intervention de la Banque centrale européenne qui devrait être, finalement, au service de la lutte contre la spéculation. J’agirai en faveur de la création d’euro-obligations afin de mutualiser une partie des dettes souveraines, de financer les grands projets. Je défendrai, parce que c’est le sens du projet européen, une démocratie qui associera les parlements nationaux et européens aux décisions qui devraient concerner les Etats. Je proposerai une nouvelle politique commerciale en Europe qui fera obstacle à la concurrence déloyale, qui fixera des règles strictes en matière sociale, en matière environnementale, de réciprocité. Une contribution écologique sera installée aux frontières de l’Europe pour venir compléter ce dispositif. Je continuerai à agir pour une parité juste de l’euro vis-à-vis du dollar américain. Je n’accepterai pas que la monnaie chinoise soit encore inconvertible alors que cette première puissance commerciale finit par être excédentaire sans que sa monnaie, jamais, ne soit réévaluée. <br />   <br />  L’Europe a bien des défauts, je les connais. Mais en même temps elle est notre bien commun. Défendons-la, elle en a besoin, elle le mérite ! Ce qui manque à l’Europe, c’est du mouvement – et c’est un Européen de cœur qui le dit – mais pas dans n’importe quelle Europe : le mouvement vers une Europe de croissance, vers une Europe de solidarité, vers une Europe de protection. C’est la vocation de l’a France que de la construire avec l’Allemagne et avec les pays qui voudront nous accompagner. <br />  Aucun des grands défis de l’Europe ne peut se résoudre sans le pacte d’amitié, dans l’égalité, que Français et Allemands ont noué au lendemain de la guerre. Je proposerai donc à nos amis allemands une nouvelle relation de vérité et d’égalité. De leur côté, ils devront faire preuve de solidarité. L’Allemagne ne restera pas forte dans une Europe faible. Elle ne restera pas riche dans une Europe appauvrie, voilà la vérité. Je sais que beaucoup en Allemagne le comprennent. Mais du nôtre, nous devons faire aussi des efforts, efforts de compétitivité, de justice fiscale. Voilà le pacte qu’il va falloir nouer et ouvrir un nouveau cycle en Europe, celui d’une coopération économique, industrielle, énergétique entre nos deux pays. Voilà pourquoi, en janvier 2013 – c’est tout proche, ce sera quelques mois après le rendez-vous du 6 mai –, si les Français m’en donnent mandat, je proposerai à la chancelière d’Allemagne l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand, traité de l’Elysée un demi-siècle après l’acte fondateur de De Gaulle et d’Adenauer qui engagea une dynamique pour nos deux pays. <br />   <br />  Chers amis, je veux redonner confiance à la France dans l’Europe. Je veux maintenant vous dire ce que je veux pour le redressement de notre pays. Ce qui est en cause n’est plus la souveraineté d’hier, quand notre territoire était menacé. Ce qui est en cause, c’est la souveraineté de la République face aux marchés et à la mondialisation. Voilà pourquoi je veux redresser la France, la redresser financièrement, la redresser économiquement, la redresser industriellement. Notre pays a abandonné depuis trop longtemps son industrie, aveuglé par la chimère d’une économie sans usine, sans machine, comme si l’immatériel pouvait remplacer le travail de l’ouvrier, du contremaître, de l’ingénieur et de son savoir-faire. La réindustrialisation de la France sera ma priorité. Je créerai une banque publique d’investissement qui, en complément des fonds régionaux, accompagnera le développement des entreprises stratégiques. Je favoriserai la production en France en orientant les financements et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investissent sur notre territoire, qui y localisent leurs activités, qui y mettent leurs emplois et qui sont en plus offensives à l’exportation. Je mobiliserai l’épargne des Français en créant un livret d’épargne dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes. <br />   <br />  J’exigerai des entreprises qui se délocalisent qu’elles remboursent immédiatement les aides publiques reçues. Je donnerai priorité aux PME : ce sont elles qui embauchent, ce sont elles qui doivent être aidées avant tout, c’est pour elles que nous élargirons le crédit impôt recherche, que nous abaisserons l’impôt sur les sociétés, que nous créerons une agence pour les PME. Je soutiendrai l’économie numérique en organisant avec les collectivités locales et les industriels la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici 10 ans. <br />   <br />  Le retour de la croissance passe aussi par la transition énergétique. Je me suis engagé à ce que la part du nucléaire dans la production d’électricité soit réduite de 75 % à 50 % d’ici 2025. Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, inventant les technologies, les progrès de demain, mais nous avons besoin aussi d’énergies renouvelables, nous avons besoin aussi d’un plan d’économies d’énergie parce que ce sont ces trois actions – le nucléaire, les énergies renouvelables et les économies d’énergie – qui nous permettront d’avoir une perspective industrielle. Les économies d’énergie, nous les mettrons en œuvre par un plan de grands travaux : un million de logements neufs et anciens bénéficieront d’une isolation thermique de qualité. Nous créerons des dizaines de milliers d’emplois en améliorant en plus le pouvoir d’achat des ménages, par rapport à leurs frais de chauffage. Enfin, il n’y aura pas de retour à la croissance, pas d’industrie forte sans un effort de recherche et d’innovation. C’est tout notre avenir de nation industrielle qui se joue là. J’ai confiance dans la science, dans le progrès, dans la recherche, dans la capacité des inventeurs à nous donner les produits de demain sans avoir pour autant la crainte pour notre environnement. Parce que la recherche est aussi au service de l’écologie et de l’environnement. <br />   <br />  Redresser l’économie, redresser l’industrie, mais aussi redresser les finances. Le niveau de la dette publique n’a jamais été aussi élevé. La dette publique a doublé depuis 2002. 10 ans de droite auront coûté aussi cher que tous les gouvernements réunis de la Ve République. Je n’ai ici pas compté tous les présidents qui se sont succédé mais, quels que soient leurs mérites ou leurs défauts, aucun n’avait été capable de mettre la dette publique à ce niveau-là. Il a fallu attendre 2002 pour avoir cette dérive. Pour maîtriser la dette, je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin du mandat qui me sera confié. Pour atteindre cet objectif, je reviendrai sur les cadeaux fiscaux et les multiples niches fiscales accordées depuis une décennie aux ménages les plus aisés et aux plus grosses entreprises. Cette réforme permettra de dégager près de 30 milliards de recettes supplémentaires. Mais dans le même temps, les dépenses de l’Etat seront maîtrisées. Toute nouvelle dépense sera financée par des économies, le nombre total de fonctionnaires n’augmentera pas, mais il sera mis fin à la règle aveugle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. <br />   <br />  Ce redressement, mes amis, est indispensable. Mais il ne sera possible que dans la justice. Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. C’est pour l’égalité que la France a fait sa révolution et a aboli les privilèges dans la nuit du 4 août 1789. C’est pour l’égalité que le peuple s’est soulevé en juin 1848. C’est pour l’égalité que la IIIe République a instauré l’école obligatoire et l’impôt citoyen sur le revenu. C’est pour l’égalité que le Front populaire a œuvré en 1936. C’est pour l’égalité que le gouvernement du général de Gaulle a institué la sécurité sociale en 1945. C’est pour l’égalité que François Mitterrand a été élu en 1981. C’est pour l’égalité que nous avons fait, avec Lionel Jospin, la couverture maladie universelle et l’allocation personnelle à l’autonomie. C’est pour l’égalité que nous aurons aussi à combattre et à proposer aux Français le changement. <br />   <br />  L’égalité, c’est ce qui a permis à un enfant orphelin de père élevé par une mère pauvre, sourde et illettrée, de devenir prix Nobel de littérature. Il s’appelait Albert Camus et, après avoir reçu son prix, il écrivit en ces termes à son vieil instituteur : « ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, sans votre exemple, rien de tout cela ne me serait arrivé. » C’est pour l’égalité que nous devons agir parce que, depuis 10 ans, l’égalité recule partout. Partout, des privilèges apparaissent à mesure qu’une nouvelle aristocratie – j’emploie le mot à dessein – arrogante et cupide s’installe et prospère. 1 % des Français privilégiés se séparent du reste de la société. Ils vivent à côté de nous mais ils ne vivent déjà plus avec nous. Parfois, ils ne vivent même pas chez nous. Une véritable sécession sociale a vu le jour ces dernières années : des quartiers relégués, abandonnés et de l’autre des quartiers protégés, sécurisés pour que nul ne vienne déranger. Je serai le Président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que, pendant ce temps-là, pendant que certains s’enrichissent sans limite, la précarité s’étende, la pauvreté s’aggrave et 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d’enfants. <br />   <br />  Qu’on m’entende bien, l’égalité, ce n’est pas l’égalitarisme, c’est la justice. L’égalité, ce n’est pas l’assistanat, c’est la solidarité. Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, rien à craindre de la justice, rien à craindre de la redistribution. Les Français doivent savoir que, s’ils m’élisent, je ne poserai comme président qu’une seule question : avant tout effort supplémentaire, avant toute réforme, avant toute décision, avant toute loi, avant tout décret, je ne me poserai qu’une seule question : est-ce que ce que l’on me propose est juste ? Si c’est juste, je le prends, si ce n’est pas juste, je l’écarte. Seule la justice doit guider notre action. <br />  C’est pourquoi j’engagerai avec le Parlement la réforme fiscale dont notre pays a besoin. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allègements de l’impôt sur la fortune, c’est pour la justice que je veux que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? C’est pour la justice que je veux fusionner, après les avoir rapprochés, l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée, dans le cadre d’un prélèvement progressif sur le revenu. C’est pour la justice que je porterai la tranche supérieure à 45 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et on ne me fera pas croire qu’avec 150 000 euros, ce sont les classes moyennes qui seront concernées ! C’est pour la justice que je veux que nul ne puisse tirer avantage de niches fiscales au-delà d’une somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an. <br />   <br />  Je sais que le combat sera rude, qu’on cherchera à faire peur, qu’on inquiètera… Si demain nous sommes en responsabilité, ceux à qui l’on prendra feront davantage entendre leur voix que ceux à qui l’on donnera. Je sais qu’il n’y aura pas de manifestation pour nous soutenir. C’est rare, c’est exceptionnel. Mais il peut y en avoir pour nous contester. Je sais que certains chercheront à nous faire peur et à effrayer les classes moyennes alors qu’elles ne trouveront qu’avantage dans la réforme que nous présenterons, prétendre que les grandes fortunes quitteront notre territoire. Mais est-ce que le bouclier fiscal a fait revenir les grandes fortunes en France ? Non ! Est-ce que le bouclier fiscal les a enrichies plus encore ? Oui ! Est-ce que les impôts de la plupart des Français ont baissé ? Non, ils ont augmenté ! Est-ce que ceux des plus favorisés ont diminué depuis 5 ans ? Oui ! Est-ce que la TVA n’est pas plus inquiétante dès lors qu’elle concernera tous les Français, mille fois oui, elle est plus inquiétante que ce que nous proposons ! <br />   <br />  Ce n’est pas seulement la réforme fiscale. L’égalité doit concerner tous les domaines de la vie en société. L’égalité doit commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercé les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable — puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée -, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein. La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition. <br />   <br />  L’égalité, c’est aussi le meilleur accès pour tous au logement. Nous manquons de logements en France. Ils atteignent des prix insupportables, et pas simplement dans les grandes villes. Il faut donc plus de logements. C’est pourquoi je prendrai une décision : l’Etat montrera l’exemple, il mettra immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans. Plus de logements, plus de logements sociaux, et c’est pourquoi le Livret A — qui sert à collecter une épargne précieuse pour le logement social-, eh bien le livret A verra son plafond doubler, afin que tous les Français, par leur épargne, puissent financer le logement social. <br />  Il faut plus de logements, plus de logements sociaux, et des logements moins chers. Je sais que cela prendra du temps, mais pour éviter les abus, j’encadrerai les loyers là où les prix sont manifestement excessifs. Il faut des villes plus équilibrées. Et je multiplierai par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes qui bafouent la loi de solidarité urbaine. <br />   <br />  L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité pour la santé ! Nos professions de santé sont d’une qualité remarquable. J’en fais à chaque fois l’expérience. Leur métier est l’un des plus difficiles qui soient. Sans elles, le système se serait déjà effondré et, en même temps, trop de Français doivent renoncer à se soigner, pour des raisons financières ou pour des raisons de domicile. Les dépassements d’honoraires seront donc encadrés. Nous combattrons les déserts médicaux. Et par un nouveau système de tarification, qui fera la part entre l’activité et le service public, l’hôpital public sera conforté dans ses tâches et dans ses missions. Et je prends l’engagement que personne, je dis bien personne dans notre pays, ne soit à plus d’une demi-heure de transport d’un lieu de traitement des urgences médicales. <br />   <br />  L’égalité, l’égalité encore, c’est le même accès pour tous à l’eau, au chauffage, à l’électricité. Il n’est pas, quand même, normal qu’une famille modeste paie l’eau au même prix, quand elle boit cette eau, que ceux qui la déversent sans compter ! Je créerai donc un tarif progressif de l’eau, comme du gaz et de l’électricité, qui garantira, au moins pour un certain volume, un prix stable et juste. <br />   <br />  L’égalité, c’est le même salaire quand on a les mêmes compétences et les mêmes responsabilités. Comment la France, comment la République peut-elle accepter que les femmes soient moins bien payées que les hommes ? Les exonérations de cotisations sociales aux entreprises qui ne respectent pas cette règle seront purement et simplement supprimées. <br />  L’égalité, toujours l’égalité, c’est aider les territoires qui en ont le plus besoin et notamment, et je parle ici en Seine Saint-Denis, nos banlieues. Cela veut dire qu’il faudra cesser d’aider de la même façon le quartier difficile d’une ville riche et le quartier difficile d’une ville qui n’a que des quartiers difficiles. Je compte sur tous les élus locaux pour m’accompagner dans ce mouvement. Il n’est pas nécessaire d’être de gauche pour être sensible à la terrible injustice que représente pour des millions de Français la vie dans des immeubles indignes ou dans des cités dégradées. <br />   <br />  L’égalité, l’égalité c’est aussi la sécurité pour tous. Vivre dans la peur est insupportable ! L’insécurité est une injustice sociale intolérable. Elle touche les plus modestes, les plus âgés, les plus jeunes, les plus fragiles. La sécurité est un droit et je le ferai respecter en créant des zones de sécurité prioritaires là où il y a les taux de délinquance les plus élevés, en mettant des postes supplémentaires, 1 000 chaque année, dans la Justice, dans la Police, dans la Gendarmerie, en rapprochant les Forces de l’ordre des citoyens. Et je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer. Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis : ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera ! <br />   <br />  L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation, c’est le droit de pouvoir se marier, d’adopter, pour les couples qui en décident ainsi. C’est le droit, pour les personnes handicapées, de vivre la vie la plus normale possible. Et je veillerai à ce que chaque loi comprenne un volet handicap. <br />   <br />  L’égalité, c’est aussi l’accès à ce qui est le plus précieux, y compris quand on n’a plus rien, l’émancipation, l’enrichissement, la culture. La culture, Baudelaire l’évoquait : « le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture ». Et là encore, nous devons agir. L’éducation artistique sera généralisée, l’aménagement culturel de la France sera une priorité. Il intégrera les territoires oubliés, les zones abandonnées, les quartiers dégradés de nos grandes villes. Et c’est pourquoi nous ouvrirons, là encore, une nouvelle étape de la décentralisation culturelle. <br />   <br />  Quant à la loi Hadopi, inapplicable, elle sera remplacée – remplacée je dis bien, car il faut un cadre pour fixer les droits de chacun – par une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle, qui défendra à la fois les droits des créateurs, parce que nous avons besoin de créateurs et de production, et un accès aux œuvres par Internet. Nous ne devons pas opposer les créateurs et leurs publics. Le public et les créateurs sont dans le même mouvement pour l’émancipation, pour la découverte, pour la qualité, pour l’exception culturelle française. <br />   <br />  Chers amis, je veux citer Pierre Mendès France, qui nous disait que « la vérité doit forcément guider nos pas ». Je vous dois donc la vérité. Je connais les contraintes financières, l’ampleur de nos déficits, la gravité de notre dette, la faiblesse de la croissance en 2012, la lourdeur de l’héritage qui nous sera légué. Je ne promettrai donc que ce que je suis capable de tenir. Je dois maîtriser sans rien renoncer les choses et d’abord le temps. <br />   <br />  Le quinquennat s’ouvrira donc sur des réformes de structure, celles qui constitueront un redressement dans la justice, le redressement économique, la réforme fiscale, le pacte éducatif, la décentralisation. Nous traiterons aussi les urgences, l’emploi, et notamment l’emploi des jeunes, le logement, la santé. Mais c’est ensuite que nous pourrons redistribuer ce que nous aurons créé, ce que nous aurons fabriqué, ce que nous aurons engagé, ce que le pays aura pu, par son redressement, favoriser. Voilà les temps qui doivent être proposés. <br />   <br />  Mais je ne perdrai pas un seul instant, pas un seul instant, du mandat qui me sera confié. <br />  Sur le plan international, avec le sommet de l’Otan prévu à la fin du mois de mai 2012, nous engagerons le retrait de nos troupes d’Afghanistan. Sur le plan européen, si les Français m’en donnent mandat, mon premier déplacement sera pour rencontrer la Chancelière d’Allemagne et pour lui dire que nous devons ensemble changer l’orientation de l’Europe vers la croissance et dans le lancement de grands travaux. <br />   <br />  Ici dans notre pays, sans même attendre le renouvellement de l’Assemblée nationale, j’engagerai, avec les nouveaux ministres et le nouveau gouvernement, les premières mesures contre la finance et pour la réforme bancaire. Pas un instant, nous ne resterons inactifs. Le quinquennat ne sera pas une volte-face, un zigzag, une contradiction. D’ores et déjà, nous savons où nous voulons aller. Nous connaissons les temps, les périodes, les rythmes. Nous avons fixé aux Français l’objectif, mais également les moyens. Nous savons que nous avons des moyens limités, mais que nous avons la volonté ! C’est cette démarche qui convaincra. Et ce n’est pas en improvisant en fin de mandat des mesures politiques, économiques, sociales qui ont tant manqué depuis cinq ans, que les Français pourront être sérieusement convaincus que le changement se fera, pour les cinq ans qui viennent, de ce côté-là. <br />   <br />  Je veux vous parler, pour terminer, de notre avenir. L’idée républicaine, c’est une promesse. Une belle promesse, qui est celle de vivre mieux de génération en génération. La promesse républicaine, c’est que chaque génération vivra mieux que la précédente. Et aujourd’hui, cette promesse est trahie. Notre jeunesse est sacrifiée, abandonnée, reléguée. Chômage, précarité, dévalorisation des diplômes, désespérance, perte d’autonomie, accès au logement difficile. Sans compter ce que nous lui laissons, à cette jeunesse, un environnement dégradé, des retraites non financées, une dette considérable. Et pourtant, la jeunesse c’est notre chance ! Comment peut-on accepter que cette chance devienne une charge ? J’ai beaucoup réfléchi, depuis plusieurs mois même, à ce que pouvait être l’enjeu de l’élection présidentielle, au-delà de la crise, du redressement à accomplir, de la justice à réaliser. J’en suis arrivé à cette conclusion simple : c’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. Je veux redonner confiance à la jeunesse ! Et c’est la raison pour laquelle je veux faire de l’éducation une grande cause nationale. J’ai proposé de créer 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation, pas seulement de professeurs, mais de surveillants, d’infirmières, d’assistantes sociales, de tous ceux qui contribuent à l’accueil, à l’accompagnement, à la réussite des jeunes. On me dit « c’est trop ». Non, je dis « ce n’est peut-être pas assez » ! C’est terrible de mener une bataille contre l’échec scolaire, qui fait chaque année plus de 150 000 victimes, 150 000 qui sortent sans diplôme, sans qualification, de l’école. La priorité ira aux écoles maternelles et primaires parce que c’est là que beaucoup se joue et que les premiers retards se précisent. Les rythmes scolaires qui n’ont aucun équivalent en Europe seront revus. Au collège et au lycée, les élèves les plus en difficulté bénéficieront d’un accompagnement personnalisé, pour qu’à la fin du quinquennat, je dis bien à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux. Aucun jeune, aucun jeune de 16 à 18 ans – et je sais ce qu’est la déscolarisation dans beaucoup de nos villes et dans beaucoup de familles -, aucun jeune de 16 à 18 ans ne restera sans solution de formation, d’emploi ou même de service civique. Personne ne sera laissé là, de côté, abandonné, oublié ! C’est pour notre jeunesse que nous devons faire de l’emploi une priorité et créer progressivement 150 000 emplois d’avenir réservés aux jeunes, en particulier ceux issus des quartiers difficiles. <br />   <br />  C’est pour les jeunes mais aussi les seniors que j’ai porté cette belle idée du contrat de génération, pour permettre l’embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée dès lors qu’ils sont accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui lui-même est maintenu dans l’emploi jusqu’à son départ à la retraite. C’est la réconciliation des âges, c’est la solidarité entre les générations ! Partout où je vais dans les usines, deux sortes de travailleurs viennent me voir. Les plus anciens, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons partir ? Et les plus jeunes, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons pouvoir entrer ? Et je leur dis « mais si vous les seniors, vous accompagnez les jeunes, vous leur donnez votre savoir-faire, votre expérience, votre compétence, est-ce que ce n’est pas finalement la plus belle mission qui peut vous être confiée avant d’attendre le départ à la retraite ? Et vous, les jeunes, si vous entrez enfin dans l’emploi avec un contrat à durée indéterminée, vous pouvez retrouver l’autonomie que vous attendez depuis si longtemps ». Je pense aussi aux jeunes qui sont étudiants et dont les familles sont modestes. Ceux-là recevront aussi une allocation d’études sous conditions de ressources pour leur permettre d’avoir l’autonomie. <br />   <br />  C’est cela, le projet : faire tout pour que la jeunesse réussisse, non pas pour elle-même, non pas parce qu’elle serait une catégorie, non pas parce que je voudrais la flatter, mais parce que c’est ce qui permet à ceux qui sont parents, grands-parents, de retrouver eux-mêmes espoir dans l’avenir, fierté dans la réussite, de se dire « mais qu’allons-nous laisser, laisser après nous, quelle société voulons-nous transmettre à nos enfants, à nos petits-enfants ? ». Une société du chômage, de la précarité, de l’angoisse, de la dislocation ou, au contraire, une société où les chances soient attribuées, où les conditions de réussite soient posées et où l’on se dise : je vais bientôt partir, que ce soit à la retraite ou pour le grand voyage, je vais bientôt partir mais au moins, je sais que ce qui a été transmis sera finalement, pour la génération qui arrive, la réussite possible que je n’ai même pas eue pour moi-même. <br />   <br />  Et moi, moi qui suis devant vous candidat à l’élection présidentielle, si je reçois le mandat du pays d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce qu’au terme du mandat qui me sera, si les Français le veulent, confié, est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! Changer leur vie serait pour moi la plus grande des fiertés. Ce n’est pas un engagement à la légère que je prends. C’est pour mobiliser toute la Nation par rapport à cet enjeu. <br />   <br />  Chers amis, j’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité, ce rêve ne nous appartient pas qu’en propre, mais il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. C’est nous qui avons porté cet idéal qu’une société, si elle s’organisait, si elle se donnait les moyens, si elle faisait de l’égalité, de la liberté et de la fraternité son mode de vie, pouvait être l’émancipation pour chacun. <br />   <br />  C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter – et aussitôt, la Droite s’est gaussée. Comment, comment serait-il possible de parler de rêve en cette période ? C’est vrai, ce n’est pas un rêve que nous vivons… Comment serait-il possible de parler de rêve au moment où la crise condamnerait toute ambition ? Ce serait une chimère. Mais moi, je ne vous appelle pas à mettre votre tête dans les étoiles. Je vous appelle à retrouver le récit républicain, celui qui nous a fait avancer pendant des décennies, le récit de la Révolution française, de ces hommes, de ces femmes aussi, qui ont voulu avancer dans une histoire inconnue qui s’ouvrait sous leur yeux, qui était l’histoire de l’égalité humaine. <br />   <br />  Oui, ce récit républicain qui s’est poursuivi avec les républiques, avec la IIIe République, avec, aussi, la Libération, le Conseil national de la résistance, ce rêve, ce récit républicain que mai 68 a aussi, d’une certaine façon, fait ressurgir ! Et puis, mai 1981 et tant d’autres étapes. C’est cela, le récit de la République. Il n’appartient pas qu’à la Gauche. Tous ceux qui se sont succédé pendant des décennies à la tête du pays ont porté le récit républicain. A chaque fois, et quels que fussent les reproches que nos prédécesseurs aient pu leur adresser, c’était, finalement, leur ambition aussi, faire avancer la France. Alors le rêve, surtout, portons-le ! <br />   <br />  Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité humaine, de l’intérêt général. <br />   <br />  Le rêve français, c’est le creuset qui permet à toutes les couleurs de peau d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, qui vont bien au-delà de la Nation. Ce n’est pas un espace limité, mais qui est proclamé à tous, à la face du monde. Le rêve français, c’est notre histoire, c’est notre projet ! Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose, parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous rassemble ! <br />   <br />  Je veux, je veux que nous allions ensemble vers la France de demain ! Une France du travail, du mérite, de l’effort, de l’initiative, de l’entreprise, où le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous. Une France de la justice, où l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France de la solidarité, où aucun des enfants de la Nation ne sera laissé de côté. Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République ! Une France de la diversité où chacun apportera sa différence, mais dans l’unité de la République, où les Outre-mers nous ouvrent à tous les horizons du monde et où les enfants d’immigrés doivent être fiers, fiers d’entre Français, Français, parce que c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde, à une France de l’exemple, où le pays se retrouve dans ce qui l’élève, dans ce qui le réunit, le dépasse, une France de la confiance où toutes les forces qui la constituent se mobilisent pour l’avenir ! <br />   <br />  La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution ! <br />   <br />  Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant ! <br />   <br />  Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt ! <br />   <br />  Vive la République ! Et vive la France ! <br />  
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   <title>Les sportifs derrière François HOLLANDE</title>
   <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 18:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal Deguilhem</dc:creator>
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   Le 11 février, François HOLLANDE était entouré de ses soutiens sportifs pour présenter son projet pour le Sport Français. Voici son discours.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.pascaldeguilhem.net/photo/art/default/3844422-5771309.jpg" alt="Les sportifs derrière François HOLLANDE" title="Les sportifs derrière François HOLLANDE" />
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      Mes chers amis, <br />   <br />  c’est un grand honneur que vous me faites en me permettant d’être à Créteil aujourd’hui. D’abord parce que c’est à Créteil que François Mitterrand a été officiellement investi candidat du Parti socialiste pour l’élection présidentielle qui lui a permis de devenir président de la République. Créteil, ville sportive, Laurent en est le symbole, ville de solidarité, ville d’épanouissement, ville de cohésion, qui m’accueille aujourd’hui au milieu de tant de champions qui me font obligation de gagner l’élection présidentielle ! Ils m’ont donné toutes leurs recettes, je ne vous les livrerai pas ce soir… Ils m’ont dit comment ils avaient fait, eux, pour devenir champions, vice-champions quelquefois. Je leur ai dit : « vice-champion, ce n’est pas le titre, pour l’instant, que je revendique ! ». Mais ils m’ont dit ce qu’était leur parcours, c’est-à-dire d’obstination, de volonté, et en même temps de générosité. Ils nous inspirent dans l’épreuve qui nous attend. Nous ne savons pas exactement contre qui nous allons concourir. On en a une petite idée, rien ne nous a échappé… Mais ce ne sont pas les concurrents qui nous intéressent, ce sont les Français, pour la rencontre, la seule rencontre avec eux en mai 2012. <br />   <br />  Je suis venu ici à Créteil, au milieu de tous ces champions, devant aussi des militants du sport, des bénévoles qui se dévouent sans compter pour permettre à des enfants — je l’ai vu cet après-midi — de devenir des champions, ou tout simplement de rêver d’être des champions. Mais nous, nous ne sommes pas là pour rêver, même si nous avons le Rêve français, celui qui doit permettre à la génération qui vient de vivre mieux que la nôtre. C’est notre obligation, c’est notre engagement, c’est notre volonté. Nous sommes là pour permettre la réussite, la réussite de tous. Nous ne voulons pas diviser, nous voulons rassembler. Nous ne voulons pas introduire de la discorde mais de l’union. Pour gagner, nous n’avons pas besoin de stigmatiser les autres, de les dénoncer, nous avons besoin simplement de convaincre. Pour gagner, nous n’avons pas la volonté de nous en prendre aux plus fragiles, aux plus pauvres, aux plus démunis, aux chômeurs, pas davantage aux étrangers. Pour gagner, nous avons besoin de nous en prendre à ceux qui sont responsables de la politique qui a été menée depuis cinq ans, et qui viendraient nous dire qu’en définitive, ce seraient les victimes de leur politique qui seraient coupables aujourd’hui. Eh bien non, les coupables sont au plus haut sommet de l’Etat ; ceux qui ont fait qu’aujourd’hui, nous avons plus de chômage, plus de pauvreté, plus de difficultés qu’il y a cinq ans. <br />   <br />  Je suis venu vous parler du sport, du sport pour notre pays. Cet après-midi, avec Stéphane Caristan, nous sommes allés visiter ce que vous produisiez de mieux à Créteil, c’est-à-dire l’accueil, l’accompagnement, l’entraînement des enfants. J’ai vu des visages joyeux, j’ai vu des parents fiers, j’ai vu des élus conscients de leur rôle. C’est une belle image que celle que peut donner le sport. <br />   <br />  Je suis conscient aussi que parler du sport quand il y a tant de difficultés qui assaillent notre pays — le chômage, les pertes d’emplois, le pouvoir d’achat qui stagne, la difficulté d’accès au logement — est-ce que parler de sport, ce ne serait pas parler du superflu ? Eh bien non, le sport n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Ce n’est pas une obligation, c’est la condition de notre propre épanouissement. <br />   <br />  Le sport a trois vertus principales dans une société. Il permet d’abord de la cohésion, cohésion entre des individus qui ne se connaissaient pas avant de se rencontrer sur un terrain ou dans un stade, cohésion entre des territoires, cohésion entre des groupes sociaux, cohésion entre des catégories qui pouvaient avoir des intérêts différents. Oui, le sport rassemble, réunit. C’est la première vertu. <br />   <br />  La seconde vertu, c’est que l’activité sportive donne à la jeunesse une espérance, une capacité de se réaliser, une possibilité de s’épanouir. J’ai voulu faire de la jeunesse le grand enjeu de l’élection présidentielle. Et donc, parler du sport, c’est parler de la jeunesse. C’est lui dire la confiance que nous mettons en elle. <br />  La troisième vertu, c’est la qualité de la vie que permet le sport. D’abord une meilleure santé, mais aussi une maîtrise de soi, l’épanouissement de son corps, la conception que nous pouvons avoir de notre propre réalisation personnelle. <br />  Et tout cela, au service d’une fierté collective. Il n’y a pas beaucoup de domaines de la vie humaine qui nous rendent parfois heureux comme le sport, à la fois parce que cela peut être un accomplissement pour celui qui réussit à devenir champion, mais aussi pour tant et tant de téléspectateurs qui ne connaissaient pas jusque-là le sportif qui y parvient, ce bonheur de le trouver Français même s’il est de toutes conditions, de toutes origines, de toutes couleurs. Le sport rassemble. <br />   <br />  Une Nation a besoin de grandes émotions collectives, de grandes passions, de causes qui nous dépassent. Et le sport permet, à un moment, de nous retrouver meilleurs que nous sommes à travers la réussite de l’un d’entre nous, de l’une d’entre nous. <br />  Voilà pourquoi je voulais parler de sport, ici à Créteil, pour la campagne présidentielle. Valérie Fourneyron a travaillé autour d’une équipe de sportifs, de dirigeants, de bénévoles pour élaborer nos propositions. Je veux ici la saluer, comme je veux dire notre hommage et notre considération à Alain Calmat et Edwige Avice, qui ont été de grands ministres du Sport. <br />   <br />  Alors, puisque je parle d’une activité importante de notre pays, le sport, et que nous sommes au terme d’un mandat, l’évaluation m’a paru nécessaire. Qu’est-ce qui a été fait depuis cinq ans ? Qu’est-ce qui avait été promis ? D’abord, cinq ministres en cinq ans. C’est dire la qualité de celles et ceux qui se sont succédé dans cette noble tâche ! Que reste-t-il de la promesse d’un budget des sports qui devait représenter 3 % du budget de l’Etat ? Il est à 0,15 %… (Huées dans la salle). Vous êtes sévères, et vous avez raison, parce que moi-même quand j’ai découvert ce chiffre, je me suis dit : qu’est-ce qui s’est passé en 2007 pour qu’il fasse une telle promesse ? Est-ce qu’il était pris par je ne sais quelle fièvre — c’est toujours possible ? Ou alors, avait-il mal lu le chiffre ? Il voulait dire 0,30 % et il a dit 3 % ? Il en est capable ! Mais la réalité, c’est un budget peau de chagrin. Rendez-vous compte, 0,15 % du budget de l’Etat, 260 millions d’euros ! <br />   <br />  Que reste-t-il de cette promesse de doublement des heures d’éducation physique et sportive tout au long de la scolarité — c’est ce qu’il avait dit en 2007 ? Et 3 000 postes d’enseignants ont été supprimés ! (Huées dans la salle). Je vois que vous le jugez mal, mais je ne veux pas vous influencer. Il y a eu des votes de lois importantes, des lois de circonstance, rendez-vous compte, non pas pour développer le sport mais sur les agents sportifs — ah bon, c’était la priorité ? —, sur les paris en ligne. Est-ce que c’était un bon motif ? Est-ce que ce n’était pas pour chercher plutôt à satisfaire les milieux d’argent ? Il y a eu une loi de circonstance, d’exception, pour que les stades puissent accueillir l’Euro — tant mieux — mais les crédits ont été pris sur quoi ? Sur ce qui était généralement affecté aux clubs sportifs, qui se sont vu priver d’une dotation importante, d’une espérance de subvention, parce qu’il fallait en toute hâte financer les grands stades. Et puis, il y a eu une loi éthique qui a tout simplement oublié les droits des sportifs. <br />   <br />  Voilà le bilan ! Vous allez me dire : « ce bilan en matière de sport, nous pourrions le faire sur tout domaine ». C’est vrai ! En tout domaine c’est l’incohérence, l’inconsistance, l’inconséquence. Et en ce domaine aussi, l’Etat — qui ne doit pas s’occuper de tout, qui ne doit pas décider de tout mais qui doit être là où il est attendu — s’est une nouvelle fois effacé. Et cette administration qui faisait la fierté du milieu sportif, la Direction départementale de la jeunesse et des sports qui développait l’éducation populaire, cet échelon indispensable de la vie administrative, a été purement et simplement rayée de la carte, fondue dans je ne sais quelle direction. Aujourd’hui, la politique sportive, c’est la RGPP, c’est-à-dire en définitive l’ajustement budgétaire. Et comme souvent, il a été fait des économies sur les plus fragiles, sur les plus petits budgets. C’est terrible, cette manie de s’en prendre toujours aux plus pauvres ! En définitive, la réduction des déficits, qui n’est même pas véritablement menée, c’est sur les budgets du sport, de la culture, bien sûr, que les économies ont été faites, alors que le sport, la culture, l’éducation, tout cela doit contribuer au contraire à sortir le pays de la crise. <br />   <br />  Aujourd’hui, les Français veulent retrouver confiance. Confiance dans l’avenir, confiance dans l’Etat, confiance dans ce qui les rassemble dans la Nation. Et le sport peut y contribuer. J’ai fixé trois priorités pour une politique sportive. <br />  D’abord, autour d’un ministère des Sports qui devrait prendre toute sa légitimité intégré dans un grand pôle éducatif, nous pourrions poursuivre trois ambitions : garantir à tous les jeunes la possibilité de pratiquer du sport dans une association ; agir pour la santé et le mieux-vivre ensemble en permettant à tous de faire du sport tout au long de la vie ; et puis enfin, faire rayonner la France en soutenant l’excellence sportive. <br />   <br />  Voilà pourquoi il va falloir, pour atteindre ces objectifs, mobiliser des financements. Alors, moi-même, je pourrais, sur un budget de 0,15 % du budget national, vous faire des promesses ! Mais je ne le ferai pas. Ce qu’il faut, c’est mobiliser des financements de toutes parts, de l’Etat sûrement, des collectivités locales — qui font déjà beaucoup pour le sport, les mêmes collectivités locales que l’on voulait il y a peu empêcher d’intervenir en matière de sport au nom d’une réforme territoriale qui n’avait pas de sens. <br />   <br />  L’Etat devra montrer l’exemple, les collectivités locales être engagées dans des politiques cohérentes. Et puis, aller chercher des moyens financiers — mais où ? En affirmant la solidarité entre le sport professionnel et le sport amateur, par des transferts financiers nécessaires. Il y a des leviers, on les connaît. Les droits de transmission à la télévision pourraient être mieux répartis pour que toutes les pratiques sportives puissent être ainsi encouragées. De la même manière, sur les jeux et les paris en ligne, des prélèvements pourraient être faits pour qu’il y ait, là encore, des financements qui puissent être apportés au milieu sportif. Nous ne négligerons aucune piste. Nous ne sanctionnerons personne. Il ne s’agit pas de cela. Il ne s’agit pas de stigmatiser le sport professionnel pour faire le sport amateur. Nous avons besoin des deux, à la fois des pratiques qui doivent être les plus larges possibles, et aussi de l’élite qui doit permettre de tirer le reste, et de l’économie sportive, et des activités. <br />  Nous aurons surtout à clarifier les responsabilités. Qu’est-ce qui relève de l’Etat, qu’est-ce qui relève des collectivités locales et des fédérations ? Donc, le mouvement sportif. <br />   <br />  Nous devons avoir un grand chantier, c’est aménager les équipements sportifs dans toute la France. Il y a trop de territoires oubliés, trop de zones abandonnées, trop de territoires qui sont relégués. Et je pense aussi à l’Outre-mer, nos amis de l’Outre-mer qui fournissent tant de champions et qui doivent, là encore, être encouragés à développer les pratiques sportives. <br />  Je l’ai dit, présider la République, c’est avoir une vision de la France, c’est avoir le sens de l’unité nationale, c’est avoir cette aspiration à nous rassembler autour de grandes causes. Sans doute, les candidats ont leur sensibilité, c’est bien normal. Il y a une Gauche, il y a une Droite, il y a peut-être un Centre, allez savoir ! Mais ce qui compte c’est que le président, le futur président, puisse, au lendemain de son élection, rassembler les Français sur ce qui doit les unir quelles que soient les circonstances. Et le sport est de cette vocation-là. <br />   <br />  Alors, je vous l’ai dit, la première priorité c’est de permettre à tous les jeunes de pratiquer le sport. Je n’invente rien. Le Front populaire, avec Léo Lagrange, avait déjà tout organisé. C’était cette grande idée du loisir, des vacances, du sport, qui devait permettre à ceux qui avaient travaillé beaucoup et qui n’en pouvaient plus, de connaître aussi des moments de joie, de bonheur partagé, de liberté. C’est ainsi que cette politique sportive s’est engagée. <br />   <br />  Nous ne sommes plus à ces époques, les loisirs se sont considérablement développés, le temps libre aussi et donc nous avons vocation à faire du sport, pour les jeunes, une grande cause, une grande priorité. L’éducation physique et sportive est un outil unique pour que les jeunes, pendant leur scolarité, aux différents âges de leur développement, acquièrent tous une maîtrise corporelle, une culture sportive et des éléments pour préserver leur santé. Or je l’ai dit, malheureusement, le nombre d’heures consacrées à l’enseignement du sport et aux sports scolaires, de l’école à l’université, ne cesse de diminuer sous les coups de butoir de la politique budgétaire depuis cinq ans. Eh bien nous arrêterons cette hémorragie, et dans les 60 000 postes que j’ai annoncés pour l’éducation, pour les cinq ans qui viennent, parmi ces 60 000 postes, une partie d’entre eux seront affectés à l’éducation physique et sportive. <br />   <br />  Je pense aussi bien à l’école primaire qu’au collège et je pense aussi au soutien, à l’activité des associations sportives scolaires qui sont indispensables, l’UNSS, l’USEP, l’UGSEL, bref tout ce qui fait qu’il y a des enseignants et des bénévoles qui se consacrent au sport scolaire. Nous aurons cinq ans pour y parvenir. Mais nous ferons en sorte que chacun, à tous niveaux, puisse avoir accès au sport dans son parcours. A l’université aussi, où la pratique du sport est facultative, nous ferons en sorte qu’il y ait un aménagement des horaires et qu’il y ait aussi, dans le cadre du Plan Campus, du plan pour les universités, des équipements sportifs qui soient mis à la disposition des étudiants. <br />   <br />  Mais l’école, l’université, ne peuvent pas tout. Un enfant passe environ chaque année 1 000 heures à l’école. Il lui reste 2 000 heures de temps libre pour ses loisirs. D’où le rôle indispensable des associations, de l’accompagnement extrascolaire, de l’éducation populaire. Eh bien le grand enjeu, et cela va bien au-delà du sport, c’est de développer l’éducation populaire et de soutenir les associations, les bénévoles qui se consacrent à l’accompagnement des enfants pour la culture, pour le sport, pour la formation de l’esprit et du corps. <br />   <br />  Le deuxième engagement que je prends devant vous, c’est de permettre à tous les Français de pratiquer le sport de leur choix tout au long de la vie. Les inégalités sont aussi dans le sport. 60 % des personnes appartenant au quart des ménages les moins aisés font du sport, 82 % pour le quart de la population la plus aisée. Ce qui veut dire que, là encore, il y a des barrières, des barrières psychologiques, des barrières financières, des barrières sociales qui se sont érigées et qui aboutissent à ce que, en dépit de ce qu’on croit être à la portée de chacun, le sport reste séparé, reste freiné pour d’autres et reste en définitive une difficulté supplémentaire pour ceux qui éprouvent déjà tant de souffrances dans la société. Donc nous ferons en sorte de lever toutes les inégalités en matière de sport. <br />   <br />  La première, c’est notamment pour les personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, seul 1 % d’entre elles, 1 %, pratique, un sport ! Nous sommes le pays de l’Union européenne qui a le plus faible taux de pratique parmi les personnes handicapées. Le coût de l’accès est renforcé encore par le matériel qui est nécessaire pour l’accès au sport, pour ces personnes. Il nous faudra lever tous ces obstacles, à l’école et hors l’école. Et je sais qu’il y a à l’école 200 000 élèves en situation de handicap qui sont dispensés d’éducation physique et sportive. Eh bien ce ne sera plus accepté, que ces personnes-là puissent être empêchées de faire du sport ! <br />   <br />  Les inégalités sont aussi, on le sait, entre les hommes et les femmes. Non pas que nous n’ayons pas de grandes championnes, ici vous en avez eu démonstration… Mais est-ce que les femmes qui font du sport, y compris au plus haut niveau, ont la reconnaissance, y compris sur le plan de la télévision, sur le plan de l’activité même de ces équipes ? Est-ce qu’il y a cette forme de fierté qui vaudrait qu’il y ait au moins égalité entre les hommes et les femmes ? Eh bien non et il va falloir y mettre bon ordre ! De la même façon, il y a moins de femmes qui pratiquent du sport que d’hommes. Et donc nous aurons à faire beaucoup et il m’était d’ailleurs posé la question : que faire pour que les fédérations qui représentent le mouvement sportif puissent être aussi paritaires ? Je leur ai dit que c’est le même mal que la politique ! Il va falloir bientôt imposer des quotas, pourquoi pas ? Il est bon que le sport, aussi, soit le reflet de la société, de la diversité de la société au plus haut niveau et aussi de l’égalité hommes-femmes. <br />   <br />  Je demanderai au gouvernement, dans l’hypothèse où les Français m’accorderaient leur confiance, dans le pacte éducatif, aux professeurs d’éducation physique, dans le cadre des associations sportives scolaires, de privilégier plus encore l’accès des filles aux pratiques sportives ainsi qu’aux responsabilités associatives. <br />   <br />  Et puis il y a aussi les inégalités dans le temps de travail. 20 millions de Français ne partent jamais en vacances et le temps global consacré aux activités sportives, tous âges confondus, ne cesse de diminuer pour cette catégorie de la population. Le droit aux vacances, le droit aux loisirs, permettra aussi, à beaucoup de jeunes et de moins jeunes, de faire du sport. Je souhaite également, dans la même logique, orienter les emplois d’avenir, les emplois jeunes que nous aurons à recréer, 150 000 au cours du prochain quinquennat, je souhaite orienter ces emplois d’avenir vers le sport, au bénéfice des associations dans les territoires qui sont identifiés comme prioritaires. Je proposerai la création d’un fonds de 1 200 emplois au sein du CNDS, qui rassemble justement le financement du mouvement sportif. Parce que l’emploi est essentiel au développement du sport, parce que les associations ne peuvent pas vivre si elles ne sont pas soutenues, parce que les bénévoles ne peuvent pas suffire dans les activités sportives ou culturelles. Nous avons besoin d’avoir ces jeunes dans l’emploi pour permettre à d’autres d’accéder au sport et à la culture. <br />   <br />  Je sais aussi qu’il y a un sport, qui n’est pas forcément un sport d’élite, qui est le sport de loisir. Je créerai un Institut national du sport loisir où pourraient se retrouver toutes les activités, les formes, les pratiques du sport des Français. C’est un enjeu social, sanitaire et économique considérable parce que cet institut sera un centre de ressources, sera en réseau avec les CREPS, les écoles nationales, regroupera les compétences dans les sports traditionnels, les sports de nature, les nouvelles pratiques, fédérera les activités. Et il formera aussi, il donnera des conseils pour le mouvement associatif. <br />   <br />  Il nous faut réaliser enfin un plan national des infrastructures sportives en liaison avec chacune des régions, dans le cadre de plans cohérents signés entre l’Etat et les régions. Ces plans seront intégrés dans l’aménagement du territoire et dans les dispositifs de contractualisation entre l’Etat, l’Europe et les collectivités. Les subventions seront mobilisées dans ces contrats pour susciter un effet de levier, pour que toutes les collectivités puissent s’engager sur cette réalisation d’équipements sportifs. <br />  Il y a ensuite l’enjeu de la santé publique. Le sport joue un rôle thérapeutique et, d’une certaine façon, il est un acte de prévention contre des maladies. La première cause de l’obésité, qui aujourd’hui frappe les catégories populaires et les jeunes dans ces catégories populaires, c’est l’absence d’activité physique. Ce mal touche maintenant près de 6 millions de Français et plus d’un Français sur 10. Au-delà de ses conséquences médicales, l’obésité est un facteur d’exclusion sociale, personnelle, psychologique. En France, 25 % des actifs de plus de 15 ans pratiquent une activité trois fois par semaine. En Allemagne, puisqu’on nous fait toujours cette comparaison, près de la moitié de la population fait du sport. C’est peut-être pour ça, d’ailleurs, qu’ils réussissent mieux que nous ! Mais au-delà de ces comparaisons, je veux rendre obligatoire l’inscription d’un programme de prévention de la santé par le sport, qu’il y ait dans tous les contrats locaux de santé, dans les ateliers de santé des villes, des zones prioritaires, qu’il y ait une prévention par le sport. Pour qu’il y ait là aussi un accès plus direct aux visites médicales, parce que le coût d’une visite médicale est un frein à une activité sportive, parce que c’est un coût supplémentaire qui est infligé à des catégories populaires. Et puis il faut aussi changer certaines pratiques médicales. Qu’une ordonnance puisse prescrire une activité sportive serait peut-être préférable qu’une multiplication de médicaments. Des études scientifiques ont montré que le sport diminue le risque de récidive de cancer, permet de lutter contre des causes de fracture, notamment du col du fémur pour les personnes les plus âgées, que le sport peut compléter les traitements contre le diabète, l’hypertension. Donc le sport est une économie pour l’assurance maladie. Il faut en tirer tous les enseignements et prescrire le sport au plus grand nombre de Français en passant de la non contre-indication – ne prenez pas cette pratique, ça pourrait vous faire du mal – à l’idée de l’indication de la pratique du sport – cette pratique pourrait vous faire du bien. <br />   <br />  Diffuser le sport, en faire une activité de tous les jours, inciter chacun à pouvoir les faire, lutter contre les inégalités, permettre des équipements sportifs, voilà une belle ambition. <br />  Enfin, la dernière priorité est de faire rayonner la France en soutenant l’excellence sportive. Je l’ai dit, présider la République, c’est porter des valeurs, c’est porter aussi une image de la France, une belle image, une image de solidarité, d’ouverture, de confiance, de fierté. Le sport peut être un élément de la promotion de la France. Il y a la culture, bien sûr, la création, il y a aussi l’activité économique, les réussites que nous pouvons avoir sur le plan industriel, et il y a le sport… Le sport, qui est à la fois une école mais aussi une entreprise, mais également un engagement. Nous avons bientôt les Jeux olympiques, dans 167 jours m’a-t-on dit. Dans 71 jours, il y a l’élection présidentielle, vous voyez l’enjeu ! Je veux saluer ici, au-delà des choix qu’ils pourront faire, tous les entraîneurs des équipes nationales, tous les sportifs qui se rendront aux Jeux de Londres, et leur dire : vous êtes nos ambassadeurs, vous êtes nos représentants, vous êtes dans l’excellence, nous sommes fiers de vous, faites en sorte de nous faire vibrer, faites en sorte d’être dignes de la France. Parce que chaque sportif doit être digne de la France. <br />   <br />  Chacun a ses références sur le plan du sport, moi j’appartiens à une génération où – les plus anciens se reconnaîtront – pour le vélo c’était Anquetil et Poulidor. Il faut avoir de l’amitié pour les seconds ! Et Poulidor, je le dis, il est du Limousin et il avait gagné des courses, mais c’était Anquetil qui paraissait, à ce moment-là, le meilleur et le plus virtuose. Mais nous avons besoin de tous les champions, de ceux qui font premier, de ceux qui font second, de ceux qui mériteraient d’être les premiers, de ceux qui ont quelques fois les faveurs médiatiques, de ceux qui ne les ont pas mais qui concourent dans le même esprit. J’ai aimé énormément le football, je l’aime toujours. J’ai suivi l’équipe de France tant de fois, j’ai vibré d’abord en 1982, c’est le plus beau match de ma vie que j’ai pu regarder, France-Allemagne, une demi-finale… Vous voyez, on y revient toujours ! Nous avions perdu cette demi-finale, mais il y a des défaites qui honorent, il y a des défaites qui élèvent, il y a des défaites qui permettent de penser qu’il y aura prochainement une victoire. C’est en 1982 que nous avons finalement permis la victoire de la Coupe du monde de 1998. Eh bien de la même manière, nous avons connu des défaites, en 1995, en 2002, en 2007, ça a annoncé la victoire qui arrive, au mois de mai prochain ! <br />   <br />  Nous devons promouvoir l’excellence sportive, le haut niveau qui est un atout pour notre pays mais qui a besoin aussi de tous ces anonymes, de tous ces obscurs, de tous ces dirigeants de petits clubs, de tous ces éducateurs qui, inlassablement, dans chaque association le soir, les mercredis, les dimanches, organisent les déplacements, les entraînements, bouclent les budgets, entretiennent le matériel. Les médailles des champions leur doivent beaucoup. Et il n’y a pas de plus grand bonheur pour un éducateur qui a eu la chance, un jour dans sa vie, de croiser un enfant, un garçon ou une fille, qui ensuite devenant lui-même adulte devient un champion ! Eh bien il y a des larmes qui arrivent aux yeux de ces bénévoles parce qu’ils se considèrent, et c’est vrai, comme ceux qui ont permis que le champion devienne ce qu’il est. <br />   <br />  Oui, le sport permet justement cette participation. Comme la République ! Pour qu’il y ait à un moment des réussites, il faut qu’il y ait des citoyens qui viennent faire leur travail civique, de croire à une grande idée, de participer à un grand mouvement, d’aller voter parce que s’il n’y a pas le vote, il n’y a pas de légitimité, il n’y a pas la démocratie, il n’y a pas le choix. Et qui ensuite continuent à croire dans la belle idée de la République, celle qui permet d’avancer, génération après génération, vers le progrès et vers l’égalité. <br />   <br />  Nous avons besoin d’une France qui soit à l’image du sport, c’est-à-dire ce mélange, cette capacité à nous donner les uns et les autres l’appui nécessaire. Mais qu’est-ce que je serais sans vous, qu’est-ce que je serais comme candidat à l’élection présidentielle, s’il n’y avait pas, les élus, les militants, les sympathisants, les électeurs qui nous donneront la confiance nécessaire ? <br />   <br />  C’est pourquoi je veux, en même temps que je fais leur hommage, faire le vôtre et dire que nous devons avoir, plus que d’autres, la culture du respect : respect de ceux qui ne pensent pas comme nous et qui en ont bien le droit, respect de ceux qui veulent élire un autre candidat que celui que vous avez choisi, ils en ont bien le droit. Respecter aussi celles et ceux qui s’inquiètent. Il y a toujours, dans une société, des hommes et des femmes qui ont peur, qui croient que tout changement est un risque. Il faut les rassurer en leur disant que le pire des risques, c’est de garder ce que vous avez ! Respect des règles aussi, respect de la morale publique, respect de l’exemplarité. Ca vaut pour le sport comme ça vaut pour l’Etat. Comment faire la leçon aux autres quand, au plus haut niveau de l’Etat, il y a cette confusion des genres, il y a cette manière de faire ou de défaire, il y a cette indifférence au sort des plus humbles et cette complaisance à l’égard des plus favorisés ? Respect des règles en matière de sport, respect des juges, des arbitres dont le rôle est essentiel, et je veux les saluer. Tous ceux qui viennent faire que d’autres puissent jouer dans le respect d’un ordre qui a été fixé et qui est celui de l’éthique sportive. <br />   <br />  Je veux aussi dire un mot des sportifs de haut niveau, de ces champions qui ont rendu tant de services, qui ont gagné tant de compétitions et qui vivent un moment difficile : celui de la transition entre leur carrière sportive et leur deuxième vie. Un moment où ils se retrouvent en solitude, en abandon parfois. Le sport de haut niveau exige que nous regardions aussi l’homme, la femme derrière le sportif. Que nous le soutenions encore plus, après sa carrière. Les fins de vie sportives sont des débuts de vie professionnelle difficiles. Et il y a des moments tragiques pour les sportifs – la blessure. Je pense notamment à Thomas Bouhail, médaillé d’argent aux Jeux olympiques à Pékin, champion du monde de gymnastique en 2010, qui vient d’être victime d’un grave accident à l’entraînement, il y a un mois, à Noël – et qui, lui aussi, doit se poser la question : est-ce que je pourrai de nouveau être un champion, un sportif et tout simplement un homme capable de réussir sa vie ? Nous devons lui dire d’abord merci pour ce qui l’a fait, et nous devons l’accompagner dans ce moment difficile. <br />   <br />  Pour tenir compte de cette reconversion de nos sportifs – qui doivent accéder à des droits sociaux, des droits en matière de formation, des droits en matière d’insertion –, je créerai, avec les fédérations sportives, une structure qui sera chargée d’accompagner les sportifs de haut niveau à l’issue de leur carrière. Et nous mobiliserons les entreprises et les professionnels du sport pour permettre ces formations et ces emplois. <br />   <br />  Les relations entre l’Etat et le mouvement sportif doivent aussi être modernisées. Il y a aura sûrement à repenser les comités stratégiques qui organisent, finalement, les grandes compétitions. Nous devons faire en sorte que nous soyons mieux organisés, mieux armés pour accueillir les grandes compétitions internationales sur notre territoire. Il y a eu beaucoup de déconvenues. Je ne sais combien de candidatures pour les Jeux olympiques – et même là, ils n’y sont pas parvenus ! Donc nous, nous devons faire en sorte que nous puissions, demain, dans des conditions qui seront exemplaires, accueillir de grandes compétitions : Jeux olympiques, Jeux para-olympiques, Jeux olympiques de la jeunesse, grands événements internationaux. Parce que nous avons besoin de donner une influence pour la France, pour qu’elle soit présente sur la scène sportive internationale. Et ces candidatures doivent émaner du mouvement sportif, être porteuses de projets, de développement du sport. Et c’est à ces conditions que nous pourrons, peut-être, faire aboutir nos candidatures. <br />   <br />  Le sport doit être aussi une éthique : une éthique de victoire. Et nous savons bien qu’il y a des mots terribles, dans le sport – le dopage, les matchs truqués. Et là encore, nous devons mener une lutte inlassable contre le dopage, parce que c’est une triche, parce que c’est une fraude, parce que c’est une aliénation du corps du sportif qui y recourt, parce que c’est une exploitation. L’autonomie de l’Agence française de lutte contre le dopage sera réaffirmée. La sincérité des compétitions sera aussi contrôlée, vérifiée. Parce qu’il y a, finalement, trop d’injustices. Je pense à ces filles du relais quatre fois cent mètres, à Sidney, qui ont été privées de médaille parce qu’une équipe avait triché. Alors on la leur a rétablie – mais rien ne remplace le bonheur d’un podium lorsqu’il y a une récompense ! <br />   <br />  Pour les paris en ligne, il faudra revenir sur une législation qui a été élaborée dans la précipitation. Nous aurons deux priorités : mieux protéger le sport de la grande criminalité internationale qui s’est introduite – là aussi, une forme de mafia pour truquer les matchs – et nous devrons renforcer la lutte contre toutes les addictions. Comme pour le dopage, une stratégie internationale devra être menée, avec la création d’une agence mondiale de lutte contre la corruption sportive pour combattre efficacement ce fléau. <br />   <br />  Je pense aussi à la violence sur les stades, au racisme qui s’est introduit dans un certain nombre de groupes de soi-disant supporters, aussi à cet échange de coups que l’on voit dans un certain nombre de matchs – y compris amateurs, où il n’y a pas d’enjeu. Et nous devons être intraitables ! Parce que c’est aussi le respect que nous devons au sport, à ceux qui l’organisent et aux joueurs eux-mêmes, qui ne peuvent pas admettre qu’il puisse y avoir l’un d’entre eux qui se livre à de tels excès. <br />  Enfin, je veux terminer en vous disant que le redressement du pays est une nécessité. Redressement budgétaire, redressement financier, redressement économique, redressement industriel : il y a tant à faire ! Car ils nous ont laissé, quand même, une situation dont nous n’avions même pas idée. A la fois un déficit commercial record : 70 milliards, nous a-t-on annoncé. J’entendais le ministre, ou le sous-ministre, du Commerce extérieur nous dire : c’est moins pire que ce qu’on avait prévu. Bel exemple de réussite sportive ! Imagine-t-on un champion qui arrive 6ème et qui dit : oh, c’est moins pire, je pensais être 7ème ? <br />  Déficit budgétaire : 90 milliards d’euros. Dette publique : 90 % de la richesse nationale. Vous voyez que de 2002-2012, en dix ans, ils auront doublé la dette publique. Et ils viendraient nous faire des leçons ? Situation du chômage : 10 % de la population active. Il avait promis 5 %. Il aura fait le double – mais ce n’était pas dans le bon sens ! Pouvoir d’achat : stagnant. Emplois industriels : 400 000 disparus. <br />   <br />  Oui, il faut redresser la France ! Il faudra faire des efforts, les uns, les autres – enfin, plus certains que d’autres. Il faudra faire l’effort, dans la justice. Il faudra faire un effort pour mobiliser tous nos atouts – ils sont nombreux. Et parmi ces atouts-là, il y a le sport. Le sport n’est pas simplement une activité, un amusement, un jeu une pratique. C’est aussi une économie. Aujourd’hui, tout d’abord, il y a combien de pratiquants ? 35 millions de pratiquants, des dizaines de millions de licenciés. Et puis l’économie du sport représente 2 % du revenu national. La dépense sportive représente 36 milliards d’euros. La filière du sport fait vivre 350 000 personnes. Donc plus nous développons le sport, plus – d’une certaine façon – notre économie trouvera des activités nouvelles. Il y a des inventions, des innovations qui se font à travers le sport. <br />   <br />  J’entends donc faire du sport un facteur de croissance et de création d’emploi. Il y a trop de gâchis, trop de gisements inexploités. <br />  La professionnalisation de l’activité des clubs sportifs, celle de la filière du loisir sportif, le développement des activités de sport nature offrent des perspectives prometteuses. Et il y aura un grand pôle de compétitivité autour du sport, réunissant les acteurs économiques, la formation, la recherche, les sportifs eux-mêmes – pour faire du sport une activité économique et aussi une exportation possible de produits, d’innovations et, aussi, de techniques. <br />   <br />  Sur le plan industriel, nous aurons à mobiliser un certain nombre de moyens, de financements. J’ai évoqué un livret d’épargne pour l’industrie : il vaudra pour l’innovation sportive. Et le sujet du sport professionnel fait, bien sûr, partie du débat en matière d’économie sportive. Le sport professionnel représente 4 milliards d’euros. <br />   <br />  Et nous devons cesser d’opposer – c’est trop facile – le sport amateur et le sport professionnel. Nous devons faire en sorte que le monde amateur puisse être une chance pour le monde professionnel, et le monde professionnel un atout pour la pratique sportive. Un sport professionnel qui gagne, c’est un sport amateur qui vit mieux – à condition qu’il y ait ces échanges, qu’il y ait cette solidarité, qu’il ait, aussi, cette fluidité entre le sport professionnel et le sport amateur. <br />   <br />  Je souhaite que nos clubs professionnels se développent sur la scène européenne. Je sais qu’il y a une grande attente des représentants du sport professionnel sur ce sujet. Je les écouterai. <br />   <br />  Mais il faut aussi réguler financièrement le sport professionnel. Il faut éliminer les distorsions de concurrence qui menacent l’équité sportive. Parce que l’argent a pris trop de place. Parce qu’il y a des clubs qui, aujourd’hui, ont tous les droits. Et parce qu’il y a, aussi, un sport que j’aime – le football – qui écarte d’autres clubs ou d’autres sports comme le hand ou le basket. Nous avons besoin de diversité, de pluralité, y compris à la télévision. <br />   <br />  L’Union européenne doit se doter au plus vite d’une directive anti dumping sportif. Nous devons rendre obligatoire les directions nationales de contrôles et de gestion dans tous les pays européens — parce qu’on ne peut pas accepter qu’il y ait des clubs qui soient en quasi-faillite et qui continuent à faire l’inflation des rémunérations des sportifs soi-disant de haut niveau. Et, je le dis très directement à mes amis du football : on ne peut pas accepter des salaires mirobolants de joueurs quand les clubs bénéficient encore de subventions et de la mise à disposition des stades publics ! <br />   <br />  Quant aux agences sportives, qui sont nécessaires, qui sont des intermédiaires utiles, il est grand temps de proposer un dispositif législatif respectueux à la fois de la profession, mais aussi du cadre de la relation de travail entre l’employeur, le joueur, qui est son employé, et l’agent qui est l’intermédiaire. Il y a des abus. Il y a des dérives qui ne sont plus tolérables. Et là encore, il faudra négocier avec les fédérations, avec les ligues professionnelles, avec les représentants des joueurs, une éthique du sport professionnel et de la relation de travail entre le sportif et le club. <br />   <br />  Sur les droits télévisuels, il y aura une solidarité. Je proposerai d’augmenter le montant de la taxe dite de Marie-George Buffet, pour que nous puissions mobiliser à la hausse les recettes de la Française des jeux comme des droits télévisuels. Ce produit reviendra au CNDS – qui finance le sport – et apportera les financements complémentaires pour diffuser plus largement la pratique sportive. <br />   <br />  Voilà ce que je voulais vous dire. Le spectacle sportif à la télévision doit être ouvert à toutes les disciplines. Il faut aussi qu’il y ait un droit à accéder à toutes les images. Parce que bientôt, avec les chaînes payantes, certaines compétitions de sport professionnel ne seront plus diffusées sur les chaînes généralistes. C’est un problème. C’est un problème de démocratie. C’est un problème d’égalité. C’est un problème d’accès. Que les chaînes payantes aient des droits, c’est bien légitime. Mais il faut qu’il y ait aussi, au niveau de ce qu’on appelle le décret Télévision sans frontières, la possibilité de voir les images des grandes compétitions sportives – ou, au moins, une partie d’entre elles. <br />   <br />  Toutes ces propositions que je viens d’évoquer s’inscriront dans une loi-cadre sur le sport – qui viendra après celle de 1984 qui a servi jusqu’à présent de référence et qui doit forcément être actualisée et modernisée. <br />   <br />  Voilà, Mesdames et Messieurs. Je voulais venir devant vous, à Créteil, pour parler de sport. Mais, en fait, au-delà des mesures que j’ai annoncées, des propositions que j’ai faites, j’ai évoqué les valeurs de la République. J’ai évoqué la confiance, sans laquelle il n’y a pas de possibilité de redressement. J’ai évoqué l’optimisme, qui doit non pas être une naïveté ou une illusion, mais une capacité à nous mobiliser pour surmonter les obstacles et les épreuves. J’ai évoqué l’espoir, l’espoir qui doit vaincre les peurs. J’ai parlé de joie partagée, de bonheur, de solidarité, d’émotion, sans lesquels un peuple n’est rien, parce que tout ne se réduit pas à l’argent. Tout ne se réduit pas simplement à regarder les rémunérations des uns et des autres, ou la place de chacun dans une hiérarchie sociale. A un moment, nous tous, quels que soient nos destins individuels, nous partageons la même émotion, la même fierté, le même bonheur – parce que nous sommes ensemble ! <br />   <br />  Je vous ai parlé d’effort – sans lequel il n’y a pas de réussite possible –, de travail, de mérite, de solidarité, qui sont les conditions pour que chacun puisse savoir comment il en sera récompensé au terme de son existence, ou tout au long de son existence. <br />  Je voulais citer Jean Jaurès qui voulait, lui, « rallumer tous les soleils ». Ce n’est pas facile, quand une nuit est tombée, d’aller chercher le soleil. Mais la nuit ne dure pas longtemps. A un moment, l’aube vient. Et nous sommes à ce moment-là ! <br />   <br />  Je veux, non pas dire que nous serions dans l’obscurité et que nous apporterions la lumière – je laisse cela à d’autres, à d’autres époques. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas avoir peur. C’est qu’il ne faut rien craindre. C’est qu’il faut espérer. Qu’il ne faut pas penser que d’un seul coup, parce que nous serons demain – si les Français en décident – aux responsabilités du pays, chaque destin personnel sera changé et celui de notre pays, modifié. Non, il nous faudra du temps. Je vous demande du temps. Je vous demande de la patience. Je vous demande de l’obstination, de la ténacité. Je vous demande de la confiance dans ce que nous portons. <br />   <br />  Nous ne pourrons pas sortir de la crise simplement parce que nous aurons changé de président. Nous ne pourrons pas avoir de la croissance parce que la majorité que nous connaissons aura été vaincue. Il nous faudra nous organiser. Il nous faudra nous mobiliser. Il faudra nous donner toutes les conditions pour la réussite. <br />   <br />  J’ai dit que, durant le prochain quinquennat, nous ferons de grandes réformes de structures, dès les premiers mois. Que nous redresserons la France, sa production, sa croissance. Et que nous distribuerons ce que nous aurons créé nous-mêmes. Il faudra de la patience et du temps. Mais il faudra de la justice. Nous apporterons de la justice. <br />   <br />  Et il faudra donner ce qu’il y a de plus beau dans une société : la considération, le respect, la fierté. Chacun d’entre vous est un atout pour la France et, ensemble, nous sommes une force considérable. Parce que la France n’est pas un problème pour la crise que nous traversons. La France, ses valeurs, ses principes – la liberté, la fraternité, la dignité, l’égalité – ces valeurs-là, c’est la chance de la France ! La France est une solution pour sortir de la crise. <br />   <br />  Je voulais vous parler de toutes ces valeurs, de tous ces principes, de tout ce qui peut être notre force dans le moment où nous sommes. Je voulais vous parler du sport, qui n’est qu’une illustration de cette démarche. <br />   <br />  Chers amis, nous nous préparons à tourner une page. Il faut la tourner. Elle ne sera pas facile. Ils ne nous donneront pas le pouvoir sans combattre – et c’est bien légitime. Cela sera une campagne difficile, rude. Ne pensez pas que nous avons déjà gagné. Et pourquoi ? Et comment ? Seul le suffrage compte. Seul le vote déterminera qui sera vainqueur, demain, qui sera majoritaire. Donc nous devons tout faire pour, dans ces moments-là, dans ces semaines-là qui nous attendent, tout faire pour nous mobiliser, pour nous rassembler, pour nous réunir, pour donner espoir à notre pays, pour être dignes de sa confiance. <br />  Je vous le demande, j’ai besoin de vous ! J’ai besoin de vous comme vous êtes là, autour de moi, citoyens, militants, sympathisants. J’ai besoin de vous pour la victoire, pour le changement, pour le mois de mai, pour la France et pour la République ! <br />   <br />  Merci à tous.
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      Retrouvez tous les soutiens de François HOLLANDE en <a class="link" href="http://francoishollande.fr/actualites/les-sportifs-derriere-francois-hollande/" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">cliquant ici</a>.
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   <title>Question d'actualité sur la suppression des RASED</title>
   <pubDate>Wed, 08 Feb 2012 17:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal Deguilhem</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Education, Recherche et Culture]]></dc:subject>
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   Mercredi 8 février, j'ai interrogé le Ministre de l'Éducation Nationale sur la suppression des RASED.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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       <br />  Monsieur le Ministre de l'Education Nationale, <br />   <br />  A partir de la rentrée prochaine, 250.000 élèves de l'école primaire n'auront plus les aides spécialisées dont ils ont besoin. <br />  Ce sont ces élèves, les plus en difficulté, pour lesquels la réponse pédagogique de l'enseignant de la classe n'est pas suffisante, que vous abandonnez de façon dramatique en supprimant massivement les postes d'enseignants spécialisés (RASED). <br />  Dès la rentrée 2008, votre prédécesseur Xavier Darcos avait initié&nbsp; cette politique à haut risque pour les élèves qui rencontrent des difficultés durables d'apprentissage ou d'adaptation aux attentes scolaires. <br />  Comment vous croire, Monsieur le Ministre, quand vous persistez à expliquer vouloir lutter contre l'échec scolaire et que vous supprimez à nouveau 3000 postes d'enseignants spécialisés à la rentrée 2012. <br />  En 5 ans votre majorité aura fait disparaître la moitié de ces personnels qualifiés et engagés , à l'intérieur de l'école, dans la lutte contre l'échec scolaire. <br />  Vous sacrifiez des milliers d'élèves, les plus fragiles, en sabordant les RASED, comme vous avez sacrifié la formation initiale et continue des enseignants, la scolarisation des moins de 3 ans, réduit les postes de remplaçants au delà du « raisonnable » et dégradé les conditions d'enseignement. <br />  Vous allez me répondre Aide Personnalisée alors même que celle ci ne peut répondre qu'à un besoin de soutien ponctuel, ce qui n'a rien à voir avec la prise en charge de la grande difficulté scolaire. <br />  Votre Inspection Générale s'est clairement exprimée à ce sujet, de même que plusieurs parlementaires de votre majorité. <br />  Ce qui devait être une expérimentation, jamais évaluée, est devenue la variable d'ajustement de votre carte scolaire : 25 postes sur 70 supprimés dans mon département, la Dordogne, et c'est ainsi partout à la rentrée prochaine ! <br />  Monsieur le Ministre sauf quelques rares indications thérapeutiques, la saignée, censée améliorer l'état du malade a été abandonnée depuis longtemps. <br />  Dans quelques semaines nous ferons cesser cette saignée idéologique dangereuse pour l'école de la République.
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