Pascal Deguilhem
   




A ma réélection en 2012, le contrat était clair entre mes électeurs et moi. Il fallait avant tout apporter des réformes profondes à la France, malade de son économie surtout et de ses valeurs républicaines, éparpillées au fil des ans.
La majorité que vous avez envoyée au Parlement à ce moment-là - et à laquelle j’appartiens - s’est mise au travail malgré les difficultés et s’attèle sans répit à redonner espoir et confiance aux Français.
Dans ces moments-là, il est aussi question de sacrifices et je peux comprendre qu’ils ne soient pas toujours compris par nombre de mes concitoyens.
Je me doutais bien que l’élection du Parlement européen serait très difficile pour la majorité.
Etre un parti au pouvoir n’est jamais aisé en temps de crise.
D’autant plus, quand ceux qui nous ont précédé ont contribué à mettre la France dans la situation que nous connaissons aujourd’hui et qu’ils nous proposent tout d’un coup des solutions miracles qu’ils n’ont jamais tentées pendant les dix ans au cours desquels ils ont gouverné la France. Le doute peut s’installer alors.

Je me doutais bien aussi que ceux qui font des promesses qu’ils ne pourront jamais réaliser, n’auraient pas grand mal à convaincre ceux d’entre nous qui ne voient l’Europe que comme un adversaire. Mais la campagne électorale est terminée et le verdict - la claque- est tombé(e). Le 25 mais 2014, les europhobes sont arrivés en tête dans le pays de Schuman, Monnet, Delors, …

Le vote FN exprime d’abord un sentiment d’abandon et de déception vis-à-vis des partis républicains. Ces scores sont également le fruit d’une abstention abyssale : 57% des électeurs n’ont pas pris la peine de se déplacer à l’occasion de ce scrutin. Comment en aurait-il pu être autrement alors que l’Europe n’a jamais semblé aussi loin des peuples et de leurs préoccupations?  Que dirigée par la droite européenne, elle n’a été que le soldat du libéralisme?

A l’avenir, il faudra pouvoir aborder les difficultés sans tabou, afin de gommer toutes les peurs que génèrent la situation de notre pays, de l’Europe et du monde.
Il faudra pouvoir expliquer aussi que des réformes sont nécessaires pour redresser la France. Elles ont été entreprises et il faudra les mener à terme.
Je crois en mon pays, je crois à la place de la France dans l’Europe et je sûr que nous sommes sur la bonne voie. Je crois que mes compatriotes ont poussé un cri de colère. A leur inquiétude je répondrai comme à chaque occasion par mon investissement auprès d’eux.