Pascal Deguilhem
   

Retraites agricoles


La proposition de loi déposée par le groupe « socialiste, radicaux et citoyens » visant à étendre le régime de retraite complémentaire obligatoire aux conjoints et aides familiaux de l’agriculture a été rejeté le 26 janvier 2010 par le groupe UMP lors du vote à l’Assemblée nationale.



Retraites agricoles

Pour les députés UMP, et alors que la droite s’était déjà opposée à la mise en place de la RCO en 2002, cette mesure de justice sociale semble irrecevable. Un tel effort coûterait au budget de la Nation 130 millions d’euros, soit un montant trois fois inférieur au bouclier fiscal.

Entre 1997 et 2002, la gauche majoritaire avait conduit une politique de revalorisation du niveau des pensions de retraites du secteur agricole. Cet engagement s’était concrétisé par la mise en place du statut de conjoint collaborateur et la création d’une retraite complémentaire obligatoire (RCO) pour les non-salariés agricoles. La proposition de loi du groupe SRC soumise au vote à l’Assemblé nationale le 26 janvier prévoyait d’étendre à 363 000 conjoints et aides familiaux le bénéfice de la RCO, afin que tous les retraités de l’agriculture puissent en bénéficier. Cette extension concernerait essentiellement des femmes conjointes d’agriculteurs.
 
Alors que le pouvoir en place protège les plus privilégiés, en permettant par exemple pour un seul homme de cumuler double fonction, double salaire et une colossale retraite-châpeau à la tête des plus grandes entreprises, l’UMP ignore avec insolence des retraités dont les niveaux de pension sont parmi les plus faibles de notre pays, n’atteignant souvent pas le minimum vieillesse !


Pour le Parti socialiste, ce vote illustre le double langage scandaleux de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis au début de son mandat de « réduire les poches de pauvreté » dans le monde agricole, et qui reconnaissait lui-même le 25 janvier sur TF1 des pensions de retraites « trop basses » pour l’ensemble des Français ! Une fois de plus, l’UMP et le président de la République prouvent à quel point il leur est si difficile de passer de la parole aux actes.