Pascal Deguilhem
   

Projet de loi NOME : EDF - tarifs réglementés mais tarifs augmentés


Le projet de nouvelle organisation du marché de l’énergie proposé par le gouvernement UMP est une vision libérale et dépassée des nouveaux enjeux énergétiques. Il pénalise les consommateurs et les entreprises et fait l’impasse sur les engagements du Grenelle de l’environnement.



Projet de loi NOME : EDF - tarifs réglementés mais tarifs augmentés
Le gouvernement avait promis que l’ouverture des marchés à la concurrence ferait baisser les prix, c’est faux. Au contraire, la commission de régulation de l’énergie annonce que la réforme va provoquer une envolée des tarifs de l’électricité de plus de 11 % dès 2011 pour les particuliers, et de près de 15 % pour les entreprises. Ces augmentations viennent s’ajouter à celles du prix du gaz : + 9.7% au 1er avril 2010 et + 5% au 1er juillet 2010, asphyxiant totalement les consommateurs et les entreprises.

Comme pour le gaz, cette inflation tarifaire de l’électricité est le résultat des options libérales du gouvernement. Les tarifs réglementés ne dépendront plus d’une décision politique qui tient compte de la situation économique et sociale du pays mais de la commission de régulation de l’énergie. D’autre part, dans tous les pays européens qui ont déréglementé leur marché de l’énergie, les consommateurs ont vu les prix s’envoler, la compétitivité des entreprises s’est fortement dégradée, la désindustrialisation accélérée.
 
Cette déréglementation va aussi accroître les inégalités sociales. En refusant de reconnaître que l’énergie n’est pas un bien de consommation comme les autres, ce projet de loi fragilise davantage les 3.5 millions de Français en état de précarité énergétique.

Le gouvernement avait promis de garantir le statut des entreprises publiques de l’énergie, c’est tout le contraire. Cette loi est la poursuite de la privatisation du service public. Après l’ouverture du capital d’EDF impliquant des hausses de tarif pour satisfaire les actionnaires, GDF a été privatisé et fusionné avec Suez, et la Compagnie Nationale du Rhône -1er producteur d’hydroélectricité de France- va être privatisée et absorbée par GDF/Suez.

La majorité UMP avait aussi promis que l’approvisionnement énergétique de notre pays serait mieux garanti, or, les multiples dérégulations ont dégradé le réseau. Les infrastructures et leur sécurité se détériorent, 1/3 des centrales nucléaires sont arrêtées pour cause de panne ou de vétusté.

Les députés socialistes radicaux et citoyens s’opposent à ce nouveau coup porté au service public de l’énergie.