Pascal Deguilhem
   

Précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche : une situation indigne


Valérie Pécresse s'était engagée à dénombrer les personnels précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le sujet n’étant manifestement pas au cœur de ses priorités, des chercheurs l’ont devancée et dévoilé, le 8 février, une enquête de grande ampleur au sujet de la précarité dans le secteur.



Précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche :  une situation indigne
Les conclusions de cette étude exploratoire sont édifiantes, même si elles ne surprendront pas ceux qui connaissent les laboratoires et universités de l'intérieur. La précarité, devenue un mode « normal » de gestion des personnels, explose. Pour des milliers d’enseignants et de chercheurs, elle n’est plus seulement un passage obligé avant une intégration à brève échéance dans un emploi stable : la précarité est bien souvent le seul horizon de leur carrière.
 
Cette situation est inacceptable et inefficace. Les conséquences sont évidemment très graves pour les précaires eux-mêmes, dont la vie et le travail sont profondément affectés par les mauvaises conditions de rémunération et l'absence de perspectives sérieuses. Au-delà, l’ensemble du système d'enseignement supérieur et de recherche pâtit d’une dégradation qui dissuade de nombreux étudiants d’aller vers ces métiers et qui prive les laboratoires et les universités du personnel stable dont ils ont besoin. Pourtant, le gouvernement persiste dans son obstination dogmatique, en refusant de créer des emplois de titulaires, après en avoir supprimé l’an passé.
 
Le 25 janvier, Nicolas Sarkozy s'est dit « prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels » dans la Fonction publique. Ce propos doit être suivi de conséquences concrètes.

Mes collègues et moi-même souhaitons demander qu'une enquête soit immédiatement confiée à l'Inspection Générale de l'Administration de l'Education Nationale et de la Recherche afin qu'elle recense tous les personnels contractuels, et que le gouvernement mette en place un plan de titularisation pour les personnels précaires. Dans l’immédiat, l’Etat doit être exemplaire : les droits sociaux des contractuels et vacataires doivent être respectés, et les salaires, versés en temps et en heure.

Nous proposons le vote d'un plan pluriannuel de l'emploi scientifique qui seul permettra de résoudre les problèmes actuels et de donner un avenir aux laboratoires publics et aux universités.