Pascal Deguilhem
   

Mon intervention en séance sur "Service civique" jeudi 4 février


Monsieur le Président, Monsieur le Haut Commissaire, Madame la Présidente de la Commission des Affaires Culturelles, Mesdames les Rapporteurs, mes chers collègues.



Mon intervention en séance sur "Service civique" jeudi 4 février

Aujourd'hui, et depuis déjà quelque temps déjà, nous le savons, de nombreux jeunes sont en mal de repères et certains manifestent un très fort désir de s'impliquer, de s'investir, de s'engager pour une cause, pour les autres. Ou tout simplement ont ils le sentiment que l'on se construit soi même dans un environnement social au sein duquel se transmettent les valeurs.


Il est de notre responsabilité, nous, élus de la nation, de nous tourner vers notre jeunesse dans sa diversité de ses parcours, de lui faire confiance et de lui proposer une politique ambitieuse afin que dans cet environnement social elle puisse trouver sa juste place.


C'est le sens de cette proposition de loi, c'est un début de réponse aux besoins de notre jeunesse et de la société, un modeste début cependant.


Le service civique peut être, doit être un moyen pour notre jeunesse de s'engager au service d'un projet collectif au nom de l'intérêt général et des principes de la République. Le service civique est une chance pour nos jeunes et pour notre société. Et si sa mise en oeuvre se fait dans de bonnes conditions, en particulier pour les temps de sensibilisation et avec les moyens nécessaires il prendra assurément une bonne place dans le parcours de nombreux jeunes.


Il permettra un réel apprentissage de la vie en communauté et une prise de conscience pour les jeunes de leur appartenance à la nation française. Cette étape sera également l'occasion pour eux de prendre conscience, qu'être citoyen s'est partager un destin commun, des droits et des devoirs.


Nous ne devons plus laisser s'affaiblir l'éducation au civisme et à la citoyenneté. Il est temps de remettre les valeurs de la République à l'ordre du jour, de manière saine et constructive et l'accompagnement des jeunes est à ce titre essentiel.


Apprendre à vivre ensemble, avec la notion du respect de l'autre, du respect de la différence, dépasser les individualismes, voilà aussi la vocation du service civique. Avec la famille et l'éducation nationale, il revient à l'État de faire vivre les valeurs de la République.


A travers le service civique, les jeunes doivent être mobilisés sur des missions véritablement utiles pour lesquelles ils peuvent mesurer concrètement leur apport. Le service civique sera un temps de vie consacré à l'intérêt général. Ce temps doit être mis à profit pour former des citoyens éclairés.


Une partie de ce temps doit également permettre d'accompagner les jeunes vers le monde professionnel. Sans remplacer les lieux de formations scolaires , universitaires ou d'apprentissage, il s'agit de transmettre des notions essentielles pour comprendre et intégrer le monde du travail et la vie citoyenne. Un accompagnement individualisé, qui prend en compte le parcours de chacun et qui met en évidence les compétences et motivations décelées au cours de l'expérience du service civique, qui permet de renforcer les chances de chaque jeune de trouver une formation ou un emploi à l'issue de son engagement.


Non pas nécessairement en lien avec le lieu d'accueil de la mission ou son objet propre mais du fait du capital de confiance acquis, facilitant ainsi une insertion dans le monde des adultes.


Mais pour attirer les jeunes, le service civique doit être attirant pour ne pas être un engagement par défaut.


Il doit être valorisé dans le parcours individuel. Même si l'engagement désintéressé est le socle du dispositif, les volontaires méritent d'être reconnus pour les valeurs qui les portent. En effet, un tel engagement pour la société ne peut être demandé aux jeunes sans leur apporter la garantie que leur effort sera reconnu. Les formations de l'enseignement supérieur par exemple doivent favoriser cette prise d'initiative en facilitant la disponibilité des jeunes.


La semestrialisation du LMD ouvre d'ailleurs de réelles perspectives pouvant attirer nombre d'étudiants dans le dispositif.


Combien d'étudiants se retrouvent au cours de leur parcours universitaire avec un semestre à vide. Assurément, l'engagement dans une mission de service civique ne viendra pas se télescoper avec le temps d'enseignement tout en contribuant à la formation.


La période effectuée en service civique doit donc donner lieu à une valorisation des acquis de l'expérience (VAE) et ouvrir droit à des crédits ECTS.


Comme le souligne la Commission européenne : « Des crédits sont attribués à toutes les composantes d'un programme d'études (modules, cours, stages, dissertations, thèses...), en fonction de la quantité de travail que chaque activité requiert pour réussir ses objectifs propres par rapport au travail total nécessaire pour achever une année complète d'études avec succès ».


La réussite du service civique passera j'en suis persuadé par une implication déterminée du monde scolaire, universitaire ou de la formation professionnelle.


Parmi d'autres, mais parce que je les connais bien, je voudrais citer deux exemples d'engagement remarquable de jeunes au sein de la communauté éducative pouvant naturellement trouver des prolongements dans des missions de service civique.


Je veux parler des jeunes officiels de l'Union Nationale du Sport Scolaire : 90.000 jeunes arbitres, jeunes officiels issus du million de licenciés sportifs scolaires. Formés mais pas ou peu reconnus et valorisés, ils le seront à n'en pas douter dans des missions liées au développement des pratiques, aux politiques de quartiers ou d'animation.


De la même façon, les jeunes secouristes dont beaucoup font preuve d'une grande disponibilité et de sérieux, pourraient ,dans le cadre de ce dispositif contribuer grandement à une politique plus ambitieuse de formation aux premiers secours.


La valorisation passe également par la connaissance du dispositif par le grand public, sensibilisé par des campagnes de communication, mais aussi par la reconnaissance dans le milieu de l'entreprise. À cet effet, il est nécessaire de promouvoir les apports du service civique auprès des directions des ressources humaines avec une communication spécifique.


Si le gouvernement en a la volonté, vous même n'en manquez pas, nous sommes à vos côtés pour faire que d'un service civil très peu lisible et à l'efficacité et au périmètre limités nous posions les bases d'un véritable instrument de cohésion nationale.


En tout cas, Monsieur le Haut Commissaire, je suis très heureux, sincèrement, que pour une fois, une large majorité puisse être trouvée dans nos assemblées, d'autant que cette proposition de loi, émane d'un élu de l'opposition. Il aurait été dommage de ne pas envoyer collectivement ce signe positif à notre jeunesse pour des questions partisanes. Elle en a trop besoin .