Pascal Deguilhem
   

Grève à Pôle Emploi


Les salariés de Pôle emploi étaient en grève mardi 9 novembre. Rassemblés devant leurs agences, ils souhaitaient alerter l’opinion publique et expliquer aux demandeurs d’emploi en quoi la dégradation des conditions d’accueil et d’accompagnement des chômeurs vers l’emploi s’aggrave jour après jour.



Alors que contrairement aux affirmations du Secrétaire d'État chargé de l'Emploi, le chômage ne baisse pas, qu’il reste dramatiquement élevé chez les jeunes et que l’emploi précaire est devenu structurel ; alors que le chômage de longue durée et celui des plus de 50 ans continue de progresser, il n'hésite pas a supprimer 1800 emplois en 2011 dans les agences pôle emploi.

Alors que chaque conseiller est aujourd’hui dans l’incapacité de suivre, même à minima, tous les demandeurs d’emploi dont il a la charge (souvent plus de 200 personnes quand le Secrétaire d'État lui-même préconise un taux d’accompagnement de 1 pour 60) cette situation va devenir inacceptable.

Inacceptable a au moins deux titres.

Pour les demandeurs d’emplois tout d’abord dont la précarisation croissante diminue grandement l’employabilité quand les entreprises ont fait le choix de disposer d’une masse salariale toujours plus flexible ; pour le million d’entre eux qui vont se retrouver en fin de droit d’ici la fin de l'année selon les projections réalisées par Pôle Emploi.

Pour les salariés de Pôle Emploi eux mêmes qui n’en peuvent plus de ne pouvoir exercer leur mission auprès des demandeurs d’emploi et des entreprises ; qui ne supportent plus que l’indemnisation soit traitée avec un retard insupportable pour la population la plus fragile ou d’être soumis à des violences du fait de demandeurs exaspérés.

Quand tous les efforts devraient être faits pour assurer un réel suivi personnalisé des personnes, de leur placement, des parcours de formation est-il acceptable que le directeur général de Pôle Emploi décide de rendre des moyens « exceptionnellement attribués » (selon lui) au prétexte d’une réorganisation réussie.

Non seulement la réorganisation n’est pas une réussite car le malaise est grand, les salariés sont maltraités et précarisés mais en même temps le renvoi vers le chômage de personnels qui commençaient a être opérationnels est une aberration.