Pascal Deguilhem
   

Contre les mensonges de l’UMP, oui à la réforme des rythmes éducatifs!




Contre les mensonges de l’UMP, oui à la réforme des rythmes éducatifs!
Des députés de toutes les composantes de la gauche ont cosigné cette tribune :

La majorité de gauche a reçu mandat des Français pour refonder l’École de la République. Cela passe par de meilleurs rythmes scolaires, l’ensemble des acteurs de l’éducation en est aujourd’hui convaincu.

La semaine de 4 jours, imposée par Xavier Darcos en 2008, était une catastrophe : seulement 144 jours de classe par an, et des journées accablantes pour les enfants comme pour les enseignants. Le consensus scientifique et pédagogique en faveur du retour aux 4 jours et demi est établi depuis le rapport publié en 2010 par l’Académie de médecine et depuis la conférence organisée sur le sujet, la même année, par le ministre Luc Chatel. La semaine de 4 jours et demi a été votée à l’unanimité par une  mission d‘information parlementaire de l’Assemblée nationale.

Dès son arrivée au ministère de l’éducation nationale, Vincent Peillon a engagé une concertation en vue de la refondation de l’école, qui a défini, là encore de façon consensuelle, le cadre du décret déterminant les nouveaux rythmes scolaires du primaire.

Cette réforme, qui permet de donner aux enfants du meilleur temps pour mieux apprendre, est entrée progressivement en vigueur dès la rentrée 2013. Nous, parlementaires de la majorité, avons pu constater dans les territoires dont nous sommes élus que la mise en œuvre de cette réforme est un succès et que beaucoup de craintes ont été levées.

Profiter du mercredi matin pour les enseignements fondamentaux, c’est un progrès pour tous les élèves ; avoir des journées de classes plus nombreuses et moins chargées, c’est un progrès pour tous les élèves ; bénéficier d’activités périscolaires enrichissantes, c’est un progrès pour tous les élèves. Ces nouveaux rythmes sont un puissant levier d’amélioration des résultats scolaires et de réduction des inégalités sociales.

C’est pourquoi nous sommes choqués de la campagne de dénigrement actuellement orchestrée par le président de l’UMP et complaisamment relayée par certains médias  peu soucieux de l’équilibre de l’information. Il n’est pas acceptable que le principal parti d’opposition puisse ainsi accumuler les mensonges sur une réforme dont il sait bien, au fond, qu’elle est profitable aux enfants de France.

L’UMP ment quand elle prétend que la réforme est précipitée : la concertation nationale a été engagée depuis plusieurs années et a abouti à des conclusions unanimes.

L’UMP ment quand elle prétend que la mise en œuvre de la réforme est improvisée : les communes ont eu le choix de la mettre en œuvre en 2013 et en 2014 et ont eu le temps d’engager de profondes discussions, au niveau local, pour construire les projets les plus adaptés à leur situation.

L’UMP ment quand elle prétend que la réforme met les mairies en difficulté parce qu’elle ne serait pas financée : pour la première fois de notre histoire, l’État met de l’argent sur la table pour financer les activités périscolaires qui ne dépendent que des municipalités. Un fonds d’amorçage de 50 euros par enfant est proposé à toutes les communes qui choisissent les nouveaux rythmes en 2013 ; il s’élève à 90 euros pour les communes qui connaissent les situations les plus difficiles. Et la Caisse nationale des allocations familiales a créé à cette occasion une nouvelle prestation pérenne de 54 euros par enfant pour aider les communes à organiser les activités périscolaires de loisir. Soit un total de 144 euros pour une ville comme Meaux, par exemple.

L’UMP ment quand elle prétend que les enfants sont fatigués à cause de la réforme : tous les enfants sont fatigués au moment de la rentrée scolaire, quelle que soit l’organisation de la semaine.
Quiconque a eu des enfants le sait bien. C’est au contraire la trop forte concentration des apprentissages sur des journées trop peu nombreuses qui augmente la fatigue au cours de l’année.

Enfin, l’UMP ment quand elle prétend qu’elle souhaite le succès de la réforme et demande du temps pour la mettre en œuvre. 

La vérité, c’est que des maires de gauche comme de droite ont engagé des discussions avec les parents, les enseignants, les responsables de l’éducation nationale et les associations afin de proposer de très beaux projets éducatifs territoriaux, pour la rentrée 2013 comme pour la rentrée 2014, sans demander le report ou le retrait de la réforme.

La vérité est que Jean-François Copé choisit de mettre en scène une polémique politicienne à quelques mois des élections municipales, en instrumentalisant les enfants à des fins électoralistes.

La vérité, c’est que Jean-François Copé considère que l’école n’est pas une priorité pour la nation. Il l’a montré dans le « contre-budget » préparé par son parti, qui ne propose que d’aggraver le massacre du service public de l’éducation entrepris sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Si la droite combat cette réforme courageuse, c’est qu’elle se soucie peu de la réussite éducative des enfants des classes populaires et défavorisées. Ce ne sont pas les enfants des plus favorisés qui souffraient de la semaine de 4 jours, mais bien ceux qui avaient le plus besoin de l’école. La réforme des rythmes scolaires aura pour effet de donner de meilleures conditions d’apprentissage à tous les élèves, et c’est pourquoi la gauche soutient résolument le ministre Vincent Peillon dans cette démarche.

La droite, de plus en plus décomplexée, assume aujourd’hui son désintérêt pour l’éducation. La gauche, elle, se rassemble pour l’avenir de nos enfants.